Mondes flottants – retour sur la biennale d’art contemporain de Lyon 2017

La 14e biennale d’art contemporain de Lyon s’achève dans quelques jours, en ce mois de janvier. Le thème de cette année fut les mondes flottants.

On le doit à Emma Lavigne, directrice du centre Pompidou de Metz et commissaire de l’exposition. Le site de la biennale explique en introduction les raisons de ce sujet :

«  C’est dans le contexte d’une mondialisation galopante générant une constante mobilité et l’accélération des flux, cette “ liquidité ” du monde et des identités analysée par le sociologue Zygmunt Bauman, que la Biennale explore l’héritage et la portée
du concept de “ moderne ” dans la création actuelle, selon la définition qu’en fit le poète Baudelaire, qui envisage le moderne comme “ le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art dont l’autre moitié est l’éternel et l’immobile ”. La Biennale se déploie comme un paysage mobile et atmosphérique en expansion, qui se recompose sans cesse […] »[1]

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Regard sur la scène artistique lyonnaise du XXe siècle : accrochage temporaire au Musée des Beaux-Arts

Le musée des Beaux-Arts est décidément à l’heure lyonnaise puisque en plus d’une formidable exposition sur l’art et l’humanisme lyonnais au XVIe siècle, l’institution propose un accrochage temporaire sur la scène artistique lyonnaise du XXe siècle ; la collection d’art moderne et contemporain du XXe siècle du Musée étant pour partie au Mexique jusqu’à l’été prochain.

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Lyon Renaissance. Arts et humanisme : une exposition recommandée

Entre 1450 et 1562, Lyon connut un second âge d’or, celui de la banque, de l’imprimerie et des foires qui avaient lieu quatre fois par an. Lyon, capitale de la République des Lettres et des arts, dont on a peine aujourd’hui à mesurer l’importance. Lyon, capitale officieuse du Royaume où les Valois passaient inévitablement pour mener leurs guerres d’Italie.

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Musées Gadagne

Cela fait sept ou huit ans que les Musées Gadagne ont ouvert, et je n’y avais jamais mis les pieds, à l’exception du jardin au sommet du bâtiment. C’est chose faite désormais puisque j’y suis allé avec un ami, dimanche dernier.

Le bâtiment est à plus d’un titre très intéressant et caractéristique de l’architecture « Renaissance » de la ville, un mélange de gothique flamboyant et d’ornementation antiquisante. Mais quel foutoir pour visiter ce musée !

D’abord, les salles d’exposition temporaire sont au sous-sol, il ne faut donc pas être claustrophobe. En ce moment, ça parle de roses puisque Lyon a accueilli le congrès mondial des sociétés de roses au mois de mai. C’est l’occasion de faire un point sur l’histoire de la rose dans la région. Je n’ai pas tellement aimé la muséographie. Je n’en ai pas perçu la logique. Elle aborde autant à la culture de la rose qu’aux grandes familles cultivant ces fleurs comme les Meillerand. Les commissaires nous donnent à voir les généalogies de ces dynasties dont on se fiche un peu. A l’inverse, la partie historique et médicale de la culture de la rose aurait gagné à s’étoffer de quelques exemples en pots, mais comment le faire dans cet endroit exigu et souterrain ?  Bref, le musée n’était pas le lieu idéal pour accueillir ce genre d’exposition.

Quant au musée d’Histoire de Lyon, j’en ai davantage perçu l’intérêt et de jolies pièces sont exposées. En revanche, la signalétique devrait être repensée car on se perd facilement entre les étages, on doit rebrousser chemin pour sortir, etc.

Mon ami parle de « musée Carnavalet du pauvre » en évoquant le musée. Ce n’est pas mon sentiment. D’abord, parce que le passé de la ville, provinciale, rappelons le, n’est pas aussi riche que celui de la capitale qui a le privilège d’abriter les organes de l’État français depuis le Haut Moyen-Age.

Le musée est complémentaire d’autres institutions lyonnaises : le musée Gallo-romain de Fourvière pour la partie antique, le musée de l’imprimerie pour tout ce qui touche au livre depuis le XVe siècle, et la maison des canuts pour la Fabrique de la soie.

Le musée donne à voir cependant quelques pièces superbes dans ses salles XVIIe-XIXe siècles : les portraits des Villeroy notamment, mais aussi un beau portrait de Coustou attribué à Legros, une lettre manuscrite de Louis XIII ordonnant l’emprisonnement de Thou à la forteresse de Pierre Scize en 1642 ; des plans gravés ou peints de la ville encore enserrée entre Fourvière et le Rhône…

Je note cependant de grosses lacunes : une misérable inscription romaine et quelques plans de fouilles archéologiques du XIXe siècle servent à illustrer le passé antique de la ville, les salles Moyen-Age montrent quelques pierres issues pour la plupart de l’abbaye de l’île-Barbe. Si certaines sont assez jolies, on attend plus à voir de cette période de l’histoire de Lyon, connue pour voir s’affronter les bourgeois de la ville, l’archevêque, les chanoines comtes, le duc de Savoie et le roi de France pour le contrôle de la ville…

Bref, la visite est conseillée, libre à chacun de se faire son idée sur les collections du Musée, le cadre vaut le détour…

Exposition « Jacqueline Delubac : le choix de la modernité »

Pour les Lyonnais familiers du musée des Beaux-Arts, il n’est pas besoin de souligner la richesse du legs Jacqueline Delubac, qui, faut-il le rappeler, naquit dans notre ville . Ceux ne l’étant pas (re)découvriront que sa donation fut d’une grande importance pour les collections du musée. Pour celles et ceux venant d’horizons plus lointains, ils découvriront ce petit trésor artistique par l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 16 février 2015.

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Le Tartuffe au Théâtre du Point-du-Jour

Comme l’an dernier la troupe de jeunes comédiens réunie autour de Gwenaël Morin propose tous les soirs de semaine en octobre une pièce de Molière. Les œuvres proposées sont Tartuffe, Le Misanthrope, Dom Juan, et l’Ecole des femmes. Des classiques que le défunt et influent metteur en scène Antoine Vitez avait monté simultanément à la fin des années 70, et que Gwenaël Morin a voulu reproduire au Théâtre du Point-du-Jour, situé rue des Aqueducs dans le 5e arrondissement de Lyon, pas très loin de chez moi.

J’aime la sobriété du lieu : on se concentre uniquement sur le texte. Et la mise en scène.

Hier, je suis donc allé voir le Tartuffe de Molière et j’y ai passé un bon moment en dépit de quelques failles dans le jeu d’acteur assez dérangeants. D’abord, c’est la rapidité avec laquelle a été menée le premier acte. 20 minutes sous amphétamines, menées tambour battant, alors que cet acte pose la situation, les personnages et les rapports entre eux, c’est assez déconcertant. Et quand à cela s’ajoutent une diction pas toujours très claire alors que le texte en lui même est si limpide par son style, eh bien quand on est dans le public, ça a de quoi dérouter. L’acte suivant, aussi rapide, révèlent cependant un peu plus de profondeur au jeu des comédiens, mais il y a des excès dans la mise en scène des colères de Cléante ou d’Orgon… avec jet de bâton et de chaise en plastique. On aurait pu s’épargner cette vaine excitation pour plus de subtilité.

Dès l’apparition du Tartuffe à l’acte III, ou plutôt de la Tartuffe puisque le rôle est joué par une comédienne, le jeu prend plus d’ampleur et moins d’excitation, le masque du dévot tombe par la volonté d’Elmire, et on arrive à un final bien mené avec la tirade sur les vertus du Prince et le châtiment des fripons…

Oui je me suis amusé, et cela m’a fait du bien de voir une pièce de théâtre avec des comédiens qui y croient, et qui ont du potentiel. De toute façon j’y retournerai dans les prochains jours, pour voir Dom Juan. J’invite d’ailleurs le lecteur lyonnais à venir voir ce qui se fait au théâtre du Point-du-Jour. Ça vaut le coup pour la somme de venir soutenir des jeunes comédiens hyper motivés et une expérience théâtrale ( le théâtre permanent), je crois, intéressante.