Lyon Renaissance. Arts et humanisme : une exposition recommandée

Entre 1450 et 1562, Lyon connut son second âge d’or, celui de la banque, de l’imprimerie et des foires qui avaient lieu quatre fois par an. Lyon, capitale de la République des Lettres et des arts, dont on a peine aujourd’hui à mesurer l’importance. Lyon, capitale officieuse du Royaume où les Valois passaient inévitablement pour mener leurs guerres d’Italie.

De l’humanisme, Lyon en est assurément une capitale. Les oeuvres des poètes lyonnais ont fait école : Maurice Scève, Louise Labbé, Pernette du Guillet. Rabelais exerça la médecine à l’Hôtel Dieu. Dolet imprima les ouvrages du médecin, mais aussi celles de Marot, Sébastien Gryphe un peu avant imprima Erasme, ou Budé…

Du point de vue des arts, Lyon fut aussi un centre important. C’est ce que montre l’exposition qui se tient actuellement au Musée des Beaux Arts…

L’exposition est dense : tableaux, vitraux, orfèvrerie, estampes, livres, mobilier imprimés se succèdent dans les différentes salles et montrent que la ville abritait en ce siècle, non seulement des hommes et des femmes de lettres talentueux, mais aussi des artistes dont on commence seulement à mesurer le travail accompli.

La première salle est d’importance : elle marque ce qui annonce le déclin de la ville, la présence protestante et le sac de la ville par les troupes du terrible baron des Adrets. Le tableau du temple de paradis est d’un grand intérêt pour les historiens du protestantisme, puisqu’il montre l’intérieur d’un temple au début de la Réforme. Sa forme circulaire est une des innovations des temples de ce temps. On peut y voir des détails amusants : les vitraux aux armes de la ville, un chien écoutant le prêche du pasteur, la présence d’enfants…

L’exposition est aussi l’occasion de montrer une belle série de portraits de Corneille de Lyon, dont le musée vient d’acquérir un portrait à l’aide du crowdfunding.

Un peu plus loin la table claudienne marque une salle où l’on montre que Lyon se souvient de son premier age d’or. Le XVIe siècle est en effet une période où les élites de la ville se réapproprient le glorieux passé romain de Lugdunum. Un peu partout, on cherche, on fouille… et on trouve. Cette table de bronze, reprenant un discours de l’empereur Claude au Sénat sur l’entrée de notables gaulois en son sein, est déterrée en 1528 sur les pentes de la colline de la Croix-Rousse. On publie aussi : Guillaume du Choul, Symphorien Champier impriment des livres sur l’histoire romaine de Lyon. Ces livres inspirent encore leurs successeurs au XVIIe siècle avec l’antiquaire Jacob Spon qui publie une Recherche des antiquités et curiosités de la ville de Lyon en 1673.

 A l’étage, l’exposition donne à voir des traditions artistiques moins connues : le mobilier et la céramique notamment, mais aussi plus ou moins connues comme l’architecture. Alors que Philibert Delorme s’essaie à fusionner les principes vitruviens et l’art gothique flamboyant, Sebastiano Serlio théorise l’architecture dans un traité de sept tomes qui influencera cet art jusqu’au XXe siècle.

Il serait quelque peu ennuyeux de poursuivre cet inventaire descriptif décousu. Je ne peux qu’inviter les lecteurs, et tous les amoureux de l’histoire de Lyon à visiter cette exposition riche en surprise et très étoffée, mais aucunement exhaustive. On peut compléter la visite par l’exploration d’autres musées lyonnais, en particulier le musée de l’Imprimerie et le musée Gadagne. Lyon recèle encore bien des trésors artistiques que le temps nous donne à découvrir.

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