Sentiments sur l’abstention

Le vote aux élections départementales n’est pas ce qu’espéraient les médias : un ras de marée bleu marine. Le vote brun concerne quand même le quart des suffrages exprimés soit environ 5 millions de personnes. La Droite fait à peine plus avec 27 % quand le PS ne fait que 21%. Le vote FN progresse, quand les votes UMP et PS s’érodent.

Mais l’important je crois est ailleurs, c’est le taux d’abstention. Moins d’un électeur sur deux concerné par cette élection ne s’est pas rendu aux urnes.

On dira ce qu’on veut des élections, seules les élections présidentielles mobilisent massivement désormais le corps électoral. On peut se demander quels signaux renvoie le taux d’abstention. Il faudrait le croiser avec le taux de chômage et le taux de pauvreté à l’échelle nationale. On aurait sans doute quelques résultats significatifs. Quand aux votants, sont-ils représentatifs ?

Le problème s’avère d’autant plus sérieux que cette minorité votante n’est pas représentative, socialement et politiquement, du corps électoral dans son ensemble. Avec cette conséquence que l’abstention modifie substantiellement le résultat des élections.

Ne pas voter obéit en effet à de forts déterminismes sociaux, constants dans le temps. Tout d’abord, l’âge — en particulier lors des scrutins locaux. Contrairement aux jeunes, les seniors demeurent très mobilisés. La comparaison des taux de participation par tranches d’âge établie par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) révèle des écarts d’une amplitude considérable : seuls 41,2 % des 18-24 ans se sont rendus aux urnes aux municipales de 2008, contre 80,2 % des 50-64 ans. En proportion, les seniors votent donc presque deux fois plus que les jeunes.

Ne pas voter obéit en effet à de forts déterminismes sociaux, constants dans le temps. Tout d’abord, l’âge — en particulier lors des scrutins locaux. Contrairement aux jeunes, les seniors demeurent très mobilisés. La comparaison des taux de participation par tranches d’âge établie par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) (2) révèle des écarts d’une amplitude considérable : seuls 41,2 % des 18-24 ans se sont rendus aux urnes aux municipales de 2008, contre 80,2 % des 50-64 ans. En proportion, les seniors votent donc presque deux fois plus que les jeunes.

A l’instar de la lecture d’un article dans le Monde diplomatique datant de mai 2014 que je viens de citer, je suis convaincu que ces élections départementales révèlent un fossé dangereux, plus encore que le vote FN qui n’est qu’un épiphénomène, dans la population tous âges confondus : l’écart grandissant entre le classes sociales intégrées au jeu mondialisé, et les classes exclues de la mondialisation, fragilisées par la situation économique, subissant de plein fouet non seulement le chômage, mais aussi une situation géographique périphérique. C’est ce qu’a montré Christophe Guilluy dans ses ouvrages.

Selon les auteurs de l’article, le vote ne concernerait donc que les catégories de la population intégrées au jeu économique néolibéral. Une population essentiellement urbaine, et dynamique habitant des territoires attractifs : on peut penser à l’Ile-de-France et à la région Rhône Alpes. A l’opposé, les citoyens exclus du jeu ne voteraient pas parce que le vote ne change pas significativement leur situation. L’absence de politique ambitieuse pour réintégrer ces territoires est proprement dramatique, car c’est le pacte républicain qui est touché.

Le manque de représentativité et l’incurie des politiciens renforce l’image négative de la politique en général. D’un autre coté, la mondialisation, les pouvoirs délégués à Bruxelles avec l’approbation de ces mêmes politiques à supprimé des leviers de décision et un jeu de pouvoirs indispensable à toute action publique.

Le fossé séparant bien distinctement ces deux populations n’est pas près de se refermer. Selon moi, le nœud du problème provient en partie de l’économie. Les géographes et les économistes ont montré que cette économie globalisée avait besoin schématiquement de deux types de travailleurs : des cols blancs (décideurs) et des éxécutants (ouvriers payés à bas coût).  : l’enjeu est de réintégrer ces populations perdues dans le jeu économique pour maintenir la cohésion républicaine.

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