#JesuisCharlie : la République en marche

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Les terribles événements survenus entre mercredi et vendredi m’ont terriblement affecté. J’ai été étreint par l’émotion, et les fièvres liées à l’angoisse sans compter les mauvaises nuits. J’aurais tendance à dire que finalement, peu importe si nous lisions ou pas Charlie hebdo – J’avais quand même un certain attachement affectif pour Charlie, que je lisais beaucoup quand j’étais étudiant – si nous nous agacions ou pas de leurs dessins, parfois de leurs raccourcis intellectuels (c’est ce qui m’a poussé à m’en détourner) ; ce qui a été atteint par les balles des armes des djihadistes, ce n’est pas qu’un hebdomadaire satirique, c’est bien nos libertés, de pensée comme d’expression qui ont été atteintes. Oui en France on peut rire des religions comme des politiques et l’exprimer ouvertement, et ce n’est pas un délit.

17 personnes mortes sous les balles de fanatiques religieux, est un traumatisme. Comme tout le monde j’ignore si ces épisodes tragiques sont le commencement d’épreuves encore plus terribles, et il n’y a pas de quoi pavoiser. iant.

Ce sont les libertés que garantissent notre République qui ont été foulées aux pieds. L’ampleur du traumatisme nous a touchés. Tous ou presque. En ce sens, nous sommes tous Charlie.

C’est pourquoi je considérais comme un devoir citoyen le fait de marcher ce dimanche dans les rues de Lyon. Je ne suis pas dupe de la portée de cet acte, qui en soit ne résout rien et ne permet pas aux morts de revenir. Mais au moins aurais-je montré, comme plus de 300 000 de mes concitoyens mon attachement fondamental et viscéral à la République et à ses valeurs. Parmi ces hommes et ces femmes figuraient mes amis, et mes parents. Nous étions tous égaux, pas de défiance, pas de barrières si ce n’est celles délimitant le parcours.

Dans la foule, nous étions tous sans étiquette politique ou syndicale. Nous marchions simplement sous le soleil d’hiver. le Drapeau flottait ici et là, et les petites banderoles Je suis Charlie nous rappelait que nous ne marchions pas vainement. La marche républicaine du 11 janvier est déjà historique, mais ce ne fut par une marche triomphale. Demain, que se passera-t-il ? A quoi devons-nous nous attendre ?

J’ai toutefois été frappé par le peu de « métissage » de la foule. C’est une marche « blanche » qui a parcouru l’axe Albert Thomas Gambetta, mais j’ai croisé peu de gens de musulmans dans la rue. En tout cas j’espérais que la mobilisation serait plus forte, car l’islam vaut bien plus que ce qu’en font ces crétins de djihadistes. L’appartenance à la communauté nationale et à la République devrait fédérer au-delà des confessions et de la couleur de peau.

Le succès de la mobilisation citoyenne à Paris et en France oblige désormais nos dirigeants politiques à agir en conséquence. Il n’est plus question de transiger avec nos libertés et nos valeurs. Plus question de reculer face à la barbarie et aux pressions communautaires. Il faut affronter la réalité de notre situation et si besoin le corriger. Cela ne se fera pas sans douleur je le crains. La Nation et les libertés que nous chérissons l’exigent, et le « vivre-ensemble » est à ce prix.

Si il est question de lutter contre l’Ignoble et les fanatismes, cette lutte se fera en premier lieu par une restauration de l’état de droit et de la République là où elle à reculé et trop concédé. Elle ne se fera pas par une restriction des libertés, mais par une constante anamnèse des valeurs qui animent ce pays depuis la Révolution.

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