Une découverte archéologique majeure à Amphipolis ?

Pendant que la fureur médiatique nous démontre quotidiennement l’indigence de notre personnel politique, les archéologues, eux, fouillent chaque jour le sol pour découvrir, inventorier, interpréter et sauvegarder des témoignages du passé. Ce métier souvent ingrat se heurte au présentisme de notre société, qui semble ne plus rien comprendre que le désir et son assouvissement immédiat. On ne trouve pas tous les jours comme Indiana Jones (mon idole cinématographique) des artefacts ou autres trouvailles majeures ; comme le tombeau de Toutankhamon ou plus récemment le fantastique tumulus d’Amphipolis en Grèce. La ville fut fondée par Athènes au Ve siècle  avant J.-C. et est souvent mentionnée dans la Guerre du Péloponnèse de Thucydide en raison de son importance stratégique. Objet de convoitises pour l’hégémon en Grèce,  elle fut aussi une place commerciale importante et compta dans les échanges entre la Grèce, la Macédoine et la Thrace.

Les archéologues grecs ont entrepris des fouilles dans un tumulus à la sortie de la ville antique. En dégageant la colline artificielle, les archéologues ont découvert un escalier de marbre menant à un tombeau. Le luxe de la décoration et des matériaux utilisés laissent croire que l’on a découvert un monument hors du commun. Nicolas Constans en parle avec beaucoup de détails sur son blog. La dernière découverte concerne l’entrée d’une deuxième salle dont le seuil est gardé par deux cariatides.

Photo : Ministère de la culture de la République hellénique

Photo : Ministère de la culture de la République hellénique

Le tombeau est daté du dernier quart IVe siècle avant-Jésus-Christ, soit après la mort d’Alexandre le Grand à l’époque où les diadoques se taillaient des empires. D’après les médailles découvertes, la date retenue est 410 avant Jésus-Christ.

Les archéologues vont bientôt entrer dans la dernière salle du tombeau, cachée derrière un mur. On ne sait pas vraiment qui y était inhumé : Néarque, Olympias, Roxane et/ou son fils, Antipater…. ou personne (aurait-il été destiné à Alexandre ?). Quoiqu’il en soit il s’agirait d’un ou d’une dignitaire de l’entourage d’Alexandre. On ne peut parler qu’au conditionnel, mais rien qu’énumérer ces noms suscite en moi l’enthousiasme.  Quand on a lu comme moi Diodore de Sicile [1] ou Plutarque sur la vie d’Alexandre le Grand [2], la découverte du tombeau d’Amphipolis devient subitement le medium immédiat du lecteur que je suis avec ces personnages,  au-delà des siècles et des civilisations qui passent. Une concrétisation soudaine de l’Histoire. Ce sont les hommes et les femmes qui la font, mais ce sont les conquérants et les illustres qui ont droit à l’encre des écrivains.

Et ce qui est fantastique, c’est de savoir qu’il existe encore des trésors à découvrir, des endroits à fouiller. Les archéologues ont encore de quoi me faire rêver. On pourrait un jour découvrir à Alexandrie l’emplacement du tombeau du conquérant, dont les auteurs anciens nous disent qu’il était fait de pierre translucide.

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[1] – Je fais référence au livre XVII de la Bibliothèque historique.

[2] Vies parallèles – Alexandre-César. On peut aussi lire Quinte-Curce, Historiarum Alexandri Magni Libri,  l’Histoire d’Alexandre le Grand.

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