Une soirée à l’asso

Pour mes amies vénézueliennes, les associations loi 1901, leurs réunions, leurs gueuletons sont de véritables moments de sociabilité à la française. Au Venezuela, ce type d’association n’existe pas.

C’est en guise de remerciement pour avoir relu et corrigé son mémoire qu’une amie m’a invité hier soir au repas d’une associations sportive où travaille son copain, derrière les voûtes de Perrache, à deux pas de Confluence.

Ce fut une madeleine de Proust et un véritable bon moment.

Ce repas long et agrémenté de vin autour de produits simples m’a surtout rappelé mon adolescence et mon enfance, lorsque nous suivions mes parents chez les amis du groupe de musique où jouait mon père ; ou plus tard dans l’association de course à pied où nous nous sommes tous investis dans la famille. Ces repas conviviaux et interminables où le rire se fait aussi gras que la cuisse de poulet qui sort du four. Les anecdotes croustillantes comme des friands, la parole à l’accent lyonnais bien mâché qui a plus de difficulté à prononcer un mot qu’à boire un petit canon.  La table était aussi éclectique. Camerounais, Ivoiriens, Vénézuéliens, Franco-algériens, « souchiens », se cotoyaient. Ici pas de théories fumeuses sur l’intégration. L’intégration ici , c’est le foot, la bouffe et la langue française.

Tout cela m’a déstabilisé « en bien », et entraîné loin des manières du monde académique où je me situe désormais. Je ne dis pas que la vie Un retour à ce que je fus, ce que je pourrais être si je ne m’étais pas obstiné à suivre mes muses au-delà des horizons qu’on me promettait au lycée.  Peut-être est-ce parce que je ne savais pas quoi dire, ou parce que je profitais des conversations sur la vie du club ou du sport lyonnais que je suis resté bien silencieux. Je crois que je suis encore en voie de guérison suite à ma dépression. Elle me guette encore, je la sens autour de moi chaque matin en me rendant au travail… Elle m’attrape parfois, mais j’ai appris à lui donner des coups dans les cotes pour m’en départir, jusqu’au prochain assaut.

Mon amie elle, était éméchée… « Je sors si peu ! »  dit-elle entre deux verres. Son coup de chaud, elle en avait le droit. Trois jours auparavant, Elle apprit que les étrangers ne pouvaient plus se présenter aux concours d’enseignement. Elle comptait dessus pour faire sa vie en France auprès de son copain tout en enseignant l’Histoire dans le Privé…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s