Données ouvertes

J’ai assisté hier à la première « matinée » de l’open data (l’ouverture des données) en Rhône Alpes qui eut lieu l’après-midi (hé oui) à l’ISH de Lyon, avenue Berthelot. Sous une température tropicale, les intervenants sont venus présenter leurs projet d’ouverture des données publiques à une assistance universitaire. Dont ma pomme. Je n’y connais pas grand chose en Open data. Tout ce qui suit ne sont que des remarques du geek novice et du citoyen que je suis.

L’open data ( ici l’ouverture des données publiqus institutionnelles) est essentiellement vu par le monde de l’enseignement supérieur comme un objet de recherche : ses usages, les référents techniques à l’oeuvre, les politiques entreprises. Mais en tant que citoyens, l’Open data pose clairement quelques questions

Deux enjeux ont été soulignés derrière l’ouverture des données : la « transparence » si chère à nos élus, et le potentiel économique, non négligeable, de la monétisation de ces données publics qu’on estime à 27 milliards d’Euro pour la France.

Transparence quant à l’accès au public d’accord. Il est certes utile de tout connaitre sur un sujet, par exemple les données d’exploitation des Velo’v. Il est utile de savoir quand mon bus TCL passe, et quel est l’arrêt le plus proche. Pourtant derrière la divulgation des données se pose celle de la confidentialité. La publication des données se réduit pour le moment aux grands équipements publics : transports, mobilier urbain, emplacement des feux rouges… Mais on peut aussi étendre l’ouverture des données à la géolocalisation d’utilisateurs de téléphone mobile, de hotspot wi-fi, des réseaux sociaux à l’instant T. La question est : quelle est la granularité à mettre en oeuvre pour l’ouvertures des données ? A l’échelle individuelle, le citoyen est protégé par la loi CIL de 1978 sur ses données personnelles. Mais rien n’empêche dès maintenant les réseaux sociaux comme Twitter, ou Facebook de monétiser nos données, et notre géolocalisation.

Un intervenant a par exemple présenté un site d’Ubi Soft,  We are data un outil qui permet de voir à quoi peut ressembler un mélange de ces données ouvertes, publiques (localisation des toilettes, des cameras de videosurveillance) et privées (réseaux sociaux, relais 3G, bancomats), à l’échelle de trois grandes capitales européennes, Londres, Paris et Berlin. On a ainsi à l’échelle d’un quartier, l’ensemble des équipements et des utilisateurs de réseaux sociaux. Cette cartographie a pour but de vendre… un outil de cryptage des données.

Il est recommandé de cliquer sur l'image pour l'agrandir

Il est recommandé de cliquer sur l’image pour l’agrandir

Il ne faut pas être prophète pour envisager derrière, la monétisation des données publiques par les collectivités. « Rien ne l’interdit » selon un des intervenants qui répondait à une question pertinente venant du public… Mais aucun texte de loi n’a été cité. Rien. Une sorte de trou noir juridique, comme si ces questions n’avaient pas soulevé des problèmes ces dernières années.

Les public datas deviennent ainsi des sources de revenus pour les collectivités sont surtout présentées sous l’angle inverse : des leviers et des atouts pour le secteur économique en France. On élude totalement l’argument de la transparence, mis au service de l’économie comme élément justificatif d’une publication de données.

Le mouvement de l’open data est fabuleusement riche d’expériences et de données à exploiter, mais elles font aussi partie du business model du Web : l’exploitation des données, de l’information en modulant son accès. C’est un classique. Mais on pourrait rapidement arriver à l’excès. Si un jour la Sécurité sociale veut vendre mes données, prétextera-t-elle la nécessaire bonne santé économique du secteur pharmaceutique ? En résumé,  je crains un dévoiement et un accaparement de l’open data au profit du secteur économique, et je pense qu’il a déjà commencé….

Dans l’éducation, on prend aussi prétexte de l’ouverture des données pour monétiser des contenus. Dans quelques jours, le Ministère de l’Enseignement supérieur annoncera l’ouverture d’un plateforme de Cours livres ouverts et massifs (CLOM), supposée donner le change aux plateformes de MOOC anglo-saxonnes, souvent payantes, comme COURSERA. L’outil devra aussi permettre aux établissements d’enseignement supérieur de valoriser leurs compétences et leurs disciplines. Mais certains voient déja derrière cette plateforme une volonté de monétiser les cours sur le modèle des Colleges américains.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s