Camillo Massimo (1620-1677) le cardinal-mécène des arts

Parmi les grands mécènes de la Rome du XVIIe siècle, figure le cardinal Camillo Massimo (1620-1677).

Camillo Massimo par Diego Velazquez.

Camillo Massimo par Diego Velazquez.

Né dans une vieille famille de l’aristocratie romaine en 1620, Camillo Massimo ou Massimi se montra assez tôt intéressé par l’Antiquité. Il fut initié à l’antiquarisme par le cardinal Francesco Angeloni, protonotaire apostolique et grand collectionneur d’antiquités. Ce curieux avait aussi élevé Gian Pietro Bellori, antiquaire, bibliothécaire et théoricien des arts. Dans la Rome du Seicento, Massimo ne fut pas une exception. De nombreux cardinaux dépensaient leurs fortunes dans la décoration de leurs somptueux palais et l’acquisition des oeuvres des meilleurs artistes de l’époque.

Camillo Massimo fit ses études à l’université de la Sapienza à Rome, dont il sortit diplômé de théologie en 1640. Son oncle, évêque fit de lui son héritier et le dota d’une immense fortune qu’il mit au service de sa passion pour les arts. A l’âge de 10 ans, il prenait des ours de dessin chez Poussin, En 1646, sous le pontificat d’Innocent X, Massimo devient Camérier du pape (Camerlingue), une des premières fonctions de la Curie puisque le  camérier, était placé à la tête des ressources financières et temporelles des Etats pontificaux et en gérait l’administration. Il est élu patriarche de Jérusalem en 1652. En 1653, on le trouve nonce apostolique en Espagne, où il essaie d’accommoder la France et l’Espagne, alors en guerre.  De retour à Rome en 1658, il est acteur et victime d’intrigues mêlant la cour d’Espagne et la Curie. Il tombe en disgrâce et se consacre alors à la numismatique et aux antiquités en augmentant ses collections. Ce n’est que sous le pontificat de Clément X qu’il est créé cardinal à la fin de l’année 1670. Camillo Massimo décède en septembre 1677. Ses collections sont dispersées par son frère, héritier de ses bien entre 1678 et 1679.

Camillo Massimo est surtout connu pour son action de mécène érudit et de collectionneur. En peinture et en gravure, il fut proche des peintres de passage ou installés à Rome dont il possédait les œuvres  : Nicolas Poussin, Diego Velazquez, Claude Gellée dit le Lorrain, Carlo Maratti, Pietro Sancti Bartoli. Il acquit les collections de cardinaux romains : celles de Ludovisi notamment.

Ses collections attiraient les savants et curieux qui passaient par ses palais. L’abbé Claude Nicaise, André Félibien, nouèrent une amitié avec le Cardinal Massimo et s’ensuivit une correspondance régulière. La cardinal nourrissait une correspondance régulière avec les savants d’Europe autour de ces sujets. A Paris, un de ses interlocuteurs était le collectionneur Pierre Séguin, aumonier de la reine-mère Anne d’Autriche et grand collectionneur de médailles.

Des médailles, parlons en. La grande aristocratie romaine possédait des monnaies de grande qualité dans leurs collections. Certains s’adjoignaient les services de bibliothécaires et d’antiquaires pour augmenter leur prestige et celui de leurs collections. La reine Christine de Suède installée en son palais du Riario eut plusieurs antiquaires, Francesco Camelli puis Gian Pietro Bellori.

Bellori est une belle figure à étudier. Théoricien de l’art, il fut aussi l’ antiquaire et l’ami de Massimo. Il s’occupait des collections numismatiques installés au Palazzo Massimo alle Quatre Colonne déposées, sur l’actuelle place de la gare de Termini à Rome. Le Museo Nazionale romano, installé dans ces murs possède ainsi de nombreux écrits de Massimo et de Bellori autour des antiquités.

Massimo expira le 12 septembre 1677 dans son palais des Quatre Fontaines à Rome. Il fut inhumé dans la chapelle familiale de Saint-Jean de Latran. Ses collections passèrent aux mains de son frère qui en vendit un bon nombre. On possède encore l’inventaire fait à la mort du Cardinal et reproduit dans l’ouvrage de référence (fort cher) sur Massimo rédigé par Marco Buonocore et Massimo Pomponi, Camillo Massimo collezionista di antichità. Fonti e materiali, Roma, L’Erma di Bretschneider, 1996. Une notice biographique est aussi consultable dans le Dizionario biografico degli Italiani, vol. 72, Roma, Treccani, 2008.

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