Retour au Peccaïs

6 h 35. Un pâle Soleil se lève derrière les Camelles de Sel de la Compagnie des Salins du Midi. Sur mon velo, je pédale sur une route quasi déserte reliant le Grau-du-Roi à Aigues-Mortes.  Les cris des sternes et des oiseaux des étangs du Repausset et du Levant donnent à cette toile une ambiance particulière.  Ce coin de France c’est mon deuxième chez moi. Je m’y sens bien, je m’y sens libre.

J’arrive avant sept heures sous les murs de la Tour de Constance. Le Soleil jaunit les pierres médiévales de cet édifice qui ornait jadis les pièces de 20 francs. Dans la grande rue d’Aigues-Mortes, les livreurs commencent leur balais matinal dans un vacarme.  Martinets et hirondelle ne semblent pas plus perturbées par ces camions que par le crécellement de mon dérailleur. Je mets le cap au Sud -Est vers les vignes de Listel.

Tour de Constance, août 2013.

Tour de Constance, août 2013.

Une fois les derniers lotissements passés, je retrouve les chemins défoncés que j’avais parcouru il y a trois ans sur ce même vélo, sous la canicule,  pour trouver le Fort abandonné du Peccaïs. Les lignes droites interminables me guident à travers les vignes, les roubines et les étangs. Pas âme qui vive.

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la Petite Camargue grignote peu à peu ce qui reste de civilisation. Le bruit de mon vélo réveille des hérons cendrés et des aigrettes qui volent à quelques dizaines de mètres devant moi. Les chevaux, eux, restent impassibles et font peu de cas de ma présence.

Au bout de 45 minutes, j’arrive enfin au Fort. Peu de changement depuis trois ans, si ce n’est la végétation qui s’est bien épanouie et un renforcement des accès aux chemins privés par leurs propriétaires. Une butte donne toujours un magnifique panorama sur le Fort, et sur les étangs au Sud.

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A l’Ouest, on voit le Pic Saint Loup et les contreforts des Cévennes comme à l’accoutumé dans ce coin du Gard, mais aussi les camelles des Salins, et un bout des remparts d’Aigues-Mortes. En regardant vers le Sud, au loin, le cordon dunaire de la plage des Baronnets s’étale. Entre les cris des échassiers et des mouettes, on entend le vacarme de la mer, invisible mais pourtant présente,

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Une forme blanche, presque indistincte avance au-dessus de cet horizon. C’est un voilier, dont on n’aperçoit que le mas. Je suis presque au bout du monde, je suis au coeur de la Petite Camargue, je suis au Fort du Peccaïs.

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