Affaire Cahuzac : dévastation du champ politique

Je m’étais promis de ne plus parler de politique. Mais voilà, les circonstances font que l’actualité rattrape cette promesse puisque nous pourrions avoir des changements d’ampleur dans les prochains mois si la situation se détériore encore pour le Gouvernement.

Sale journée pour le Parti socialiste. Ce matin, c’est le président PS du Conseil général des Bouches-du-Rhône qui a été mis en examen et placé en garde à vue  par la gendamerie sur une enquête de marchés publics frauduleux.

L’affaire Cahuzac s’est enfin dénouée cet après-midi avec l’aveu du principal intéressé de comptes en banque qu’il possède toujours en Suisse et à Singapour. Il est mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, ce qui ne manque pas de sel vu sa dernière fonction et ses leçons de morale sur le coût du travail et la fraude fiscale. Même si je n’aime pas spécialement Mediapart pour des tas de raisons, il faut reconnaître que le pure player a touché juste. L’ancien ministre du budget, a menti pendant plusieurs mois aux Français et à la représentation nationale. Cette faute personnelle est devenue comme l’écrit Authueil, un désastre pour le gouvernement, mais aussi pour la classe politique et les médias puisqu’ils ont défendu l’un des leurs, un membre de cette « élite » politico-médiatico-économique qui gouverne la France depuis des décennies et qui creuse, lentement mais surement sa tombe depuis une trentaine d’années.

Pour le gouvernement socialiste, le fait que M. Cahuzac reconnaisse sa faute est une catastrophe qui pèsera sur la crédibilité d’un gouvernement déjà impopulaire. Les dix derniers mois ont été émaillés de « couacs », d’effets d’annonce et de comm’ loupés, et d’une politique sociétale aux antipodes des voeux des électeurs sur des sujets autrement plus importants : chromage  logement, coût de la vie. Ajoutons dessus le mensonge de l’ancien ministre, et la cocotte minute politique est au bord de l’explosion. Elle fait de surcroît peser un lourd soupçon sur la légitimité du gouvernement et de la classe politique « nationale » dans son ensemble.

La classe politique touche le fond avec cette histoire qui jette un lourd discrédit sur la capacité de cette prétendue « élite » à servir l’intérêt commun et l’intérêt national. Il ne faut pas être né d’hier pour savoir que depuis les années 80 le désamour entre les Français et leurs politiciens est né précisément d’une inadéquation entre les discours et les actions, et donc sur le mensonge, qui est une des grosses ficelles.  Le « tous pourris » va vraisemblablement être nourri de ce mensonge de M. Cahuzac comme des actions délictueuses d’un Eric Woerth, d’un Nicolas Sarkozy, des frasques d’un Strauss Kahn… L’élite nationale politique se pense toujours intouchable Ce qui m’inquiète, c’est comment les partis extrémistes vont récupérer le mécontentement des Français, déjà très élevé, en « jouant » sur ces affaires. Je ne suis pas du genre à dire « bien fait pour votre gueule », mais j’ai une forte envie de le dire ce soir au PS : les discours moralisants sur la conduite des autres comme Depardieu, sur les nécessaires « sacrifices » à consentir alors que la fraude fiscale est estimée à 80 milliards d’euro, patati patata, c’est la « République irréprochable » qui tombe à l’eau. L’arroseur arrosé.

Ce qui m’étonne encore c’est qu’aucun mouvement semblable au M5S italien de Beppe Grillo qualifié de « populiste » n’ait encore émergé pour relayer la colère des électeurs et offrir une réelle alternative dans le champ politique national dévasté par les affaires, les prochains mois vont être palpitants.

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