Gérard de Villiers, SAS, et l’odeur du tabac

Photographie : Thierry Vasseur

Photographie : Thierry Vasseur

Je suis tombé sur un surprenant article du New York Times consacré à Gérard de Villiers. L’écrivain octogénaire est l’auteur des fameux SAS, ces romans d’espionnage qu’on trouve toujours dans les points relais et les tabacs presse de France et de Navarre, avec des femmes pulpeuses en couverture !

Autant le dire, à chaque tentative de lecture des SAS, le livre me tombe des mains. Je n’arrive pas à coller aux intrigues, peut-être à cause du style de l’auteur. Le roman d’espionnage est un style qui a considérablement vieilli depuis la chute du Mur de Berlin et ne sont pas toujours réalistes. Les SAS sont eux assez réalistes, mais entretiennent le mythe compassé de la puissance des services de renseignement.

Les SAS me rappellent de vrais souvenirs d’enfant, quai Perrache, dans les années 80. Les couvertures du roman mettaient en scène des femmes pas toujours bien vêtues occupaient une étagère entière du bureau de tabac de l’oncle Sauveur, à coté des livres du club des masques et des romans de San Antonio et d’Agatha Christie. Dans la salle non climatisée à l’époque, les couvertures noires des SAS arrivaient sans doute dans les sacs de routiers en transit.

L’odeur des paquets de cigarettes et de cigarillos dans cette atmosphère confinée donnait à l’ensemble une atmosphère digne d’un polar… Ces romans sont des romans pour mecs, couillus, fumeurs de Gitanes, peut-être des routiers en quête d’aventure.  J’ai toujours associé les SAS au tabac. Il y a là un mariage tellement bien assorti !

Pour Gérard de Villiers, cet article du New York Times doit être une belle revanche pour ceux qui méprisent son oeuvre. Une petite victoire sur l’hypocrisie des diplomates et le dédain d’une intelligentsia littéraire parisienne. L’article donne le secret, déjà connu, des informations contenues dans SAS, d’une précision incroyable : le réseau de renseignements, savamment entretenu par l’auteur, fait d’espions et de diplomates qui font de ses ouvrages de véritables guides touristiques pour espions et une mine d’information sur les coulisses des « points chauds » de la planète.

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