Ab imo pectore

Dimanche matin, le Soleil réchauffait Paris après une nuit froide.  La capitale offrait à mon regard la beauté des bords de Seine. A la fois songeur et attentif, la lumière rasante de cette fin d’automne révélait les contrastes insoupçonnés des façades du Palais du Louvre.  Ma promenade me conduisit à Notre-Dame à contre jour par la rive gacuhe. La curiosité m’incita à entrer, il était près de dix heures, et la messe commençait. Je suis resté une bonne demi heure à suivre le début de l’office divin dans ce lieu. Je n’ai jamais assisté à une messe de cette ampleur, qui m’a semblé à la fois fastueuse et simple.

Les messes lyonnaises ont quelque chose de fade à coté de la majesté cérémonielle de Notre-Dame. Nous sommes au coeur de l’Eglise catholique française, et cette église en est le navire amiral. Ce qui fait toute la force de l’office dans ce lieu, c’est le choeur masculin qui chante d’une manière admirable. Habillés d’une aube bleue, la Maîtrise débuta par  l’antienne d’une manière insolite pour mes oreilles lyonnaises qui ont entendues en matière de chant le meilleur (l’office des Ténèbres à Fourvière), comme le pire(à Notre-Dame du Point-du-Jour).

  J’ai été bouleversé par ces chants mâles en latin et en grec qui alternaient avec des lectures de l’Evangile…  L’émotion me gagna. Je mesurais ici, sous les voûtes gothiques de l’édifice le poids de cette liturgie, l’importance des officiants. Le  rôle central du chant dans toutes les religions  est ce qui édifie  et rassemble la communauté des croyants  autour d’une Parole ; J’éprouvais cette sensation rare de trouver à travers ces voix une manière d’approcher l’Ineffable à travers la sacralité du chant.

Les saltos vocaux d’un plein-chant pleinement maîtrisé donnaient à l’ensemble de l’Eglise et à la liturgie une puissance que je n’avais jamais rencontrée. Ils tressaillent encore en moi. Les échos sacré du choeur sur les pierres de la cathédrale, qui va fêter ses 850 ans me fit songer à Paul Claudel qui se convertit aux Vêpres de Noël 1886. Qui resterait insensible à ce chant qui pénètre les coeurs ? Il révèle une Parole, et vous révèle aussi une part de votre Etre.

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