Un exemple de cynisme à l’heure du Web 2.0

Le quotidien Sud-Ouest nous apprend ce matin que deux magistrats font l’objet d’une procédure administrative de la part de la chancellerie. Les magistrats n’ont rien de trouver de mieux à faire, pendant un procès aux assises pour une tentative de meurtre, que de « tweeter » sur le déroulement du procès avec des propos cyniques envers le procès en lui même et ses acteurs (avocats, témoins, etc.).

Les magistrats ont enfreint plusieurs règles déontologiques, en tweetant leur état d’âme montrant une légèreté et une immaturité surprenante de la part d’un corps professionnel si attaché à la pompe et aux devoirs qui leur incombent. D’autre part, leur jugement et leur responsabilité quant à l’avenir du prévenu sont engagé. Il est tout à fait déconcertant de voir comment les magistrats ont étalé leurs opinions sur Twitter.

Les magistrats ont en fait étalé toute leur ignorance de l’identité numérique et des mécanismes de diffusion instantanée d’une information. Le pseudonymat n’est pas l’anonymat. Les magistrats en ont trop dit, et il suffit d’un peu de débrouillardise et de recoupements on arrive toujours à vous reconnaître derrière votre masque.  De plus, le compte était ouvert au public alors qu’il existe une option pour rendre le compte privé.

Sur le web tout se sait. Le cynisme des magistrats est d’avoir cru qu’ils auraient pu continuer en toute impunité.

L’affaire pose évidemment le problème de la liberté d’expression des magistrats, et il faudra voir ce qu’il advient de nos deux larrons, et du procès en question.

De manière générale, le cynisme est très présent sur les réseaux sociaux, trop présent à mon goût. Il ne fait rien avancer, ne déroule aucun argument mais il soulage ceux qui le professent. Il n’a rien à avoir avec l’Ecole philosophique grecque  Diogène de Sinope pratiquait le cynisme parce qu’ il lui avait lié une règle de vie et cherchait à rendre l’homme vertueux. Rien de tout cela désormais. Ce qui compte c’est de démolir l’autre sans autre forme d’expression que ce cynisme, précisément.  Dans le cas des magistrats, c’est de se foutre de la gueule des partis et de plaisanter.

Par ses propos, le cynique moderne relativise toute idée ou personne contraire à ses opinions, par une caricature insultante dans le meilleur des cas, obscène dans le pire. Il manifeste son « ennui » ou son « dégoût ». Il simplifie la pensée et enferme dans des caricatures au prisme de ses préjugés celui qu’il désigne de son opprobre.

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