The Artist : du passé dans le présent

Je suis allé voir The artist samedi soir au cinéma. Et j’en tire quelques sujets de réflexion.

Ce film ne fait pas dans la prouesse technique, la réalisation n’est pas transcendante, et le scénario, convenu, est du déjà vu. En revanche, le jeu des acteurs est convaincant, et Jean Dujardin par son énergie et son charisme mérite ses récompenses. Privé de paroles, les acteurs ont du jouer sur les émotions, les expressions, et c’est là que Michel Hazanavicius touche au but. On atteint ici à l’universalisme des sentiments, celui du coeur !

Mais si The artist est un bel exercice de style, un bon film, et surtout un pari entre copains qui a fonctionné bien au-delà de la mise de départ. Ce n’est ni un blockbuster, ni un film minimaliste, c’est un film main stream, qui peut viser large si le spectateur accepte de jouer le jeu, c’est-à-dire de se laisser guider par une intrigue sans dialogues parlés, ni effets pyrotechniques démesurés, ni esclandres.

Le film n’est ni une comédie, ni un drame. On pourrait parler de tragi-comédie, ou de conte puisque le héros George Valentin, héros du cinéma muet connaît, après une chute due à son orgueil sur le cinéma parlant, connaît la rédemption par l’amour, avec un grand A. Le film fonctionne pourtant, et vous avez la gorge nouée plus d’une fois. Il faut avouer que je suis bonne pâte.

Le réalisateur, Michel Hazanavicius parle d’un hommage au cinéma muet. Ce qui est étrange, c’est de se dire que le film, tourné en noir et blanc, avec une musique pas toujours pertinente, ni opportune retrouve par endroits ce cinéma de l’âge d’or. Parle d’hommage, c’est idéaliser ce que le cinéma de l’époque produisait, du spectacle. Ce n’était pas un produit intellectuel, ni même artistique quoiqu’à l’époque le mouvement dada expérimentait déjà un cinéma plus abstrait. Michel Hazanavicius rend donc hommage au Hollywood des producteurs et du star system, celui-là même dont il fait partie désormais puisque les Oscars, Césars et festivals du film de Cannes sont souvent des machines à autocongratulations.

Il y a aussi et surtout ce rapport troublant au passé, comme si le présent ne pouvait pas donner sujet à film aussi généreux et populaire que les années 20. Tout est ainsi passé au prisme du mythe des années 20 pour le cinéma. Comme l’Amérique, le cinéma se nourrit de ses propres mythes.

En tout cas, ce film à de la classe, la classe américaine. A voir, donc !

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