Une campagne sans saveur

De la profondeur, des idées. C’est ce qui manque à cette campagne présidentielle. La crise est passée par là, mais il n’y a pas qu’elle. La campagne présidentielle ne me passionne pas des masses. J’aurais cru que François Hollande aurait pu m’intéresser un tantinet. Humainement, je trouve le bonhomme sympa, mais son programme n’est qu’un fourre-tout qui ne résout rien et ne propose finalement que des mesures cosmétiques en guise de cache-misère idéologique.

La campagne intéresse peu. La relative médiocrité des candidats y est pour quelque chose, et la teneur des joutes aussi : il n’y a pas de débat de fond.

Je lis plusieurs blogs avec intérêt. J’ai été ainsi frappé qu’Authueil et Gérard Noiriel arrivent à un constat analogue sur l’enjeu de la campagne : cibler les « vrais problèmes » des Français. Un bon politique est pour Authueil, celui qui sait déceler et exploiter les problèmes qui préoccupent à l’instant T son électorat.  Pour l’UMP selon Gérard Noiriel, les vrais problèmes sont ceux, consécutifs au débat sur l’identité nationale, qu’est la viande Halal, et au-delà la place de l’islam et de l’immigration en France. Vaste sujet qui certes fait l’objet de discussion, mais qui ne constitue pas un sujet primordial, mais suffisamment médiatisé et polémique pour attirer l’attention d’une « opinion publique ».

A Gauche, François Hollande propose de taxer davantage les riches, mais la mesure est plus symbolique qu’efficace pour les caisses de l’Etat et ne résout pas le problème crucial de l’emploi, qui reste, lui, une préoccupation majeure depuis plus de trente ans.

Difficile justement de percevoir les « vrais problèmes » et les « préoccupations » des Français. Dans mon entourage, c’est l’emploi qui occupe une place importante. Mes frères, moi même, beaucoup de mes amis, et ma copine sont dans une situation précaire, vivotant d’emplois précaires, en CDD. Nous aimerions donc quelques réponses sur la lutte contre la précarité de l’emploi, et une vaste politique de lutte contre le chômage. D’autres problèmes sont aussi récurrents : le logement, les retraites, les transports, la justice…

Aucun des deux principaux candidats qui s’écharpent à coup de phrases assassines, et de tomates militantes ne semble mettre ces sujets au coeur de leurs déclarations, bien qu’ils soient abordés dans leurs projets. Les médias interrogent peu les candidats sur ces thèmes, et les contraignent souvent à commenter les « petites phrases » et l’actualité, mais pas ou peu à présenter leurs projets.

La campagne avançant, les sujets d’avenir sont peu évoqués : la politique énergétique avec une sortie du nucléaire, la place de l’emploi certes, mais aussi la pérennité de notre modèle social déficitaire ; et la place de l’éducation où les médias présentent la LRU comme un succès : si les candidats peuvent exposer leur programme, aucun débat ne se met véritablement en place, ou les médias n’en parlent jamais, se contentant de rapporter des petites phrases et des jets de tomates.

Nous restons donc dans le superficiel et le quasi anecdotique. Je ne peux que regarder la campagne avec cynisme : il s’agit non pas de servir l’intérêt commun mais d’assurer que des ambitions politiciennes individuelles ou collectives soient assouvies. Triste époque.

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