Tablette HP Touchpad : retour sur usages

HP TouchPad (image piquée au site "Journal du Geek")

Il y a de cela trois mois, j’ai acheté une tablette numérique devant le refus du service compta de l’administration où je travaille d’en commander une pour notre service. Nous souhaitions une Tablette Acer fonctionnant sur système Androïd 3.

J’ai finalement acheté pour un prix modique, une tablette numérique TouchPad développée par Hewlett Packard. La firme informatique souhaitait à l’époque se désengager de toute construction de terminaux informatiques alors qu’il y a encore 10 ans, HP était le principal constructeur (avec Fujitsu et Compaq) de PC de bureau. Mon achat n’est pas celui d’un technophile ou d’un geek ( je me méfie de la technologie, du moins d’une croyance qui voudrait que la technologie puisse résoudre tous les maux). J’avais pour but d’appréhender un nouveau support et d’en comprendre les mécanismes, et enjeux par une utilisation concrète. Finalement, je me suis vite détourné de l’objet, car je n’en avais pas d’utilisation pratique et quotidienne, mais professionnellement j’ai pu mieux saisir et cerner les enjeux économiques liés à cet objet, et pousser une réflexion qui va bien au-delà… J’en ferai état bientôt.

Au Printemps 2011, HP a sorti une tablette pour concurrencer Apple et Samsung : la TouchPad. Le système d’exploitation, WebOs, intégré à ces tablettes est développé par la société Palm, qui fit florès au début des années 2000 pour ses PDA, ces petits gadgets électroniques d’assistance balayés par l’arrivée des smartphones et de l’internet sur mobile.

Quelques caractéristiques

Le design de la tablette est d’une finition correcte : sobre et sombre, il possède une coque arrondie assez sympa. L’épaisseur de la TouchPad me parait plus important que d’autres tablettes sur l’IPad ce qui me paraît préjudiciable à sa manipulation.

L’un des points faibles majeurs de la HP TouchPad vient du manque de connectivité la rendant incompatible avec tout autre appareil si ce n’est par Bluetooth ou connection directe. La seule sortie de la tablette permet par un plug propriétaire de se connecter soit à l’alimentation,  soit par un fiche USB 2 à un ordinateur. Il n’existe pas de port USB, ni mini USB, pas plus que de port pour cartes Mini SD ou SD.

En revanche, l’autonomie semble plutôt bonne, environ 10h si on se connecte à Internet…

L’ergonomie du système WebOS n’a pas à démériter : avec un peu de temps, on arrive très bien à comprendre le fonctionnement des tableaux de commande. Il reste toutefois moins pratique que les systèmes d’exploitations Apple ou Androïd…  Pour les performances,  WebOs n’arrive pas à la taille de ses concurrents. Les pages sont lentes à afficher. Le démarrage et la mise hors tension de l’appareil s’avère long, également.

HP a voulu développer comme Apple ou Androïd un app market. L’acheteur de TouchPad doit donc acheter ou télécharger des applications payantes ou gratuites via cet outil en ligne. Cependant, on ne sait pas si cet app store est appelé à se développer, car les intentions de HP sont confuses. Le destockage massif des TouchPad qui a suivi l’annonce de son désengagement de la construction de terminaux informatiques est incertaine, puisque quelques jours après ce communiqué, l’entreprise changeait de direction, mais aussi de stratégie commerciale. A l’heure actuelle, on ne sait pas clairement si le constructeur souhaite vraiment arrêter la production de PC et de tablettes. Quoiqu’il en soit, le nombre des applications et leurs qualités sont bien faibles. Cependant, l’annonce faite aujourd’hui par la patronne de la firme de transformer Web OS en ressource libre devrait permettre un essor des applications tout autant qu’une amélioration du système d’exploitation.

Des usages professionnels et pédagogiques limités mais récréatifs

Concernant les usages, je dois admettre que les tablettes ne sont pas et ne seront jamais un outil de travail pour moi. Les applications « utilitaires » sont réduites à la portion congrue…

Les tablettes ne sont qu’un gadget technologique en plus, qui n’apportent rien de révolutionnaire dans les usages professionnels. Au mieux pourrions nous trouver une utilité dans la pédagogie, et pour les personnes handicapées, mal voyantes…

Je réfléchis encore à un usage pertinent des tablettes dans un environnement universitaire, et je me trouve dans une impasse. La rédaction de notes ou de messages est particulièrement inconfortable sur tablette : le clavier numérique remplace difficilement l’usage d’un véritable clavier. Les correcteurs d’orthographe vous imposent leurs choix par défaut, ce qui peut dénaturer votre texte, sans oublier la réactivité des applications souvent lentes. L’utilisation d’un ordinateur est plébiscitée par les étudiants dans les amphithéâtres : la prise de notes est plus rapide et moins contraignante. Le confort de rédaction et de visualisation se révèle de meilleure qualité que sur une tablette

Dans le Primaire et le secondaire, les tablettes pourraient remplacer de volumineux manuels dans les cartables, mais dans les faits l’utilisation pourrait rebuter de nombreux enseignants, par les contigences techniques et commerciales ; sans compter la fragilité de ces appareils. Du coté des apprenants, les usages semblent limités aux exposés où à la consultation de documents, mais aussi à la celles de messagerie et de réseaux sociaux. D’autre part, si les tablettes sont « bridées » pour un usage uniquement scolaires, il faut parier que les élèves se désintéresseront rapidement de leur utilisation.

Elles individualisent des usages pédagogiques alors que l’utilisation des outils numériques devient de plus en plus collaboratives ou coopératives entre apprenants et enseignants (c’est du moins l’usage que prône Marcel Lebrun en conférence et dans ses ouvrages). L’idée que la technologie serait un remède miracle à l’échec scolaire et au désintérêt des élèves pour les disciplines enseignées est un leurre. Mais dans l’éducation nationale comme ailleurs il y a des lobbies « cultureux » et technologiques  à l’oeuvre : éditeurs, constructeurs, développeurs de logiciels…

Rien ne vaut l’usage de la parole pour échanger, et le recours à un vidéoprojecteur le cas échéant.

Les tablettes numériques sont surtout destinés à un usage récréatif. Et encore, la lecture de livres numériques s’avère-t-elle inconfortable. Je n’ai pas testé le potentiel des vidéos et fichiers mp3 sur la tablette, et la lecture de fichiers numériques s’avère plus confortable sur des liseuses, moins chères, et moins élaborées.  Cela dit, un livre numérique ne remplacera jamais pour moi le livre papier, sa forme, sa texture, son odeur, sa texture…  Un gadget de plus en somme…Je ne vois pas non plus l’intérêt de regarder un film sur une tablette. Les télévisions et écrans d’ordinateur sont plus confortables et de meilleure qualité. La portabilité de l’objet pourrait sans doute convenir à des professionnels nomades, mais ils ne constituent pas la majorité de la population active…

Face à mon utilisation fort modeste, j’ai donc décidé de vendre ma Touchpad. Je l’ai mise aux enchères sur Ebay. Si vous désirez jeter un coup d’oeil, l’enchère court jusqu’au 19 décembre. 🙂

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2 réflexions sur “Tablette HP Touchpad : retour sur usages

  1. Je pense qu’effectivement tu peux être déçu par rapport aux applications livrées par la tablette d’HP.. Elles ne sont pas aussi nombreuses et diversifiées que celles de l’iPad d’Apple.
    As-tu testé cette dernière? Elle semblerais plus appropriée pour ton usages, tu y trouverais plus ton compte.
    Concernant l’utilisation de tablettes dans un univers pédagogique, je pense qu’il ne faut pas être à ce point pessimiste! Quelques professeurs sont en train de créer de nouvelles dynamiques au sein de leurs classes vis à vis des nouvelles technologies et des réseaux sociaux.. Tu peux faire un tour sur ce site ( http://maonziemeannee.wordpress.com/ ) qui est très intéressant.

    PS: Si jamais, d’ici le 19 décembre, tu n’as aucunes nouvelles par rapport à ta tablette sur eBay et que tu la revends à son prix initiale ( 99€ ) , n’hésites pas à me recontacter!

    • Je prends note ! C’est vrai, je suis pessimiste… Plus globalement je m’interroge sur la pertinence d’une classe numérique. Quels impacts concrets sur les apprentissages, est-ce que les tablettes changent concrètement la donne ? Pleins de questions me trottent dans la tête…
      Quant à l’IPad, le service compta d’une-université-que-je-ne-nommerai-pas nous a refusé l’achat car hors marché public ! Du coup on aurait voulu faire un essai avec… Pour ma bourse, elle est hors de prix, et comparativement à la HP TouchPad, qui est une tablette moyenne de gamme, est effectivement moins chère…

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