Dire…ou ne pas dire

Le Pont des Arts et l'Institut, un matin du mois de mars 2010.

L’Académie française est à la manoeuvre. La prestigieuse institution, gardienne de notre belle langue française vient de lancer un site internet destiné au grand public sur les bons et mauvais usages du vocabulaire.  Ces petites fautes grammaticales, ou lexicales que le quidam ignore sont passées en revue, expliquées et contournées par la proposition de synonymes ou de formules analogues.

Le site se nomme « Dire, ne pas dire« . Il s’agit d’une reprise d’une page web où les Immortels donnent leur « sentiment » sur ces tournures ridicules ou déplacées infestant l’usage du français.

Il y a peu de contenus en ligne pour l’instant, mais l’Académie semble vouloir pourfendre l’appauvrissement de notre langue, celui des entreprises notamment. Il n’est pas question de la syntaxe désastreuse des « kikoolol » sur les réseaux sociaux, mais plutôt de cette délinquance lexicale chez les cols blancs qui mettent à la mode des mots détournés de leur sens originel ou des anglicismes. Et puis ces anglicismes ne sont qu’un mauvais Anglais, une sorte de novlangue ou d’Anglais courant servant aux affaires. Le capitalisme (et la mondialisation) ne connaissent ni poésie, ni figures de style. L’économie mondialisée appauvrit et acculture toutes les langues par un vocabulaire bâtard et fonctionnel servant à une communication rudimentaire avec des hommes d’affaire de Bangkok, Guangzhou ou Saõ Paulo.

Ainsi, le mot « impacter », apparu il y a quelques années trône fièrement dans toute réunion digne d’intérêt, et se répand sournoisement jusqu’aux disciplines des sciences humaines et aux professions juridiques.  Autre défaut agaçant, le fait de remplacer systématiquement l’emploi d’un « oui », bref et concis par « tout à fait », « absolument », « exactement »…

Le site met donc à la disposition des locuteurs que nous sommes tout un arsenal de synonymes destinés à contourner ces obstacles. Le site sera, je l’espère, enrichi, afin que je puisse rougir de honte lorsque je découvre mes fautes, mais aussi rougir de fierté lorsque j’emploierai un substitut qui fera gloire à la langue de Montaigne et de Néricault-Destouches !

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