Jean Clair pulvérise l’art contemporain

Piero Manzoni - Merde d'artiste, une imposture de l'art contemporain

Le dernier numéro des Acteurs de l’Economie Rhône Alpes m’a laissé pantois. Le n° 102 de cette revue est consacré à la culture, et chaque mois, ce banal magazine économique interwiewe un « grand témoin », souvent de qualité comme Alain Touraine…

Ce mois-ci, nous avons droit à l’ interview de Jean Clair  interrogé par Denis Lafay par ailleur acquis au « grand témoin ». Clair, élu à l’Académie française en 2008, a publié L’hiver de la culture au début de l’année chez Flammarion.

L’Immortel est docteur en Lettres et en philosophie de l’Art. ll fut conservateur du Musée national d’art moderne, et du cabinet d’art graphique au Centre Pompidou. Il dirigea le musée Picasso à l’hôtel de Salé dans le Marais à Paris. Depuis 1989, il est conservateur général du patrimoine. Il fut le commissaire de nombreuses expositions, et notamment de la Biennale d’art contemporain de Venise en 1995.

L’ouvrage est polémique, comme les propos de Jean Clair pour cet entretien. Je suis d’accord sur plusieurs points, mais la volonté de choquer, ou en tout cas de polémiquer face au monde de la culture qu’il ne comprend plus révèle aussi plusieurs raisonnements incorrects, ou anachroniques. Cependant, l’article a le mérite de questionner mon rapport personnel à l’art et à la réflexion que je nourris sur sa perception et sa diffusion.

Le titre de l’entretien est par lui même polémique « l’art contemporain est à l’image de la société : décadent »

Je ne crois pas à la décadence. En Histoire, nous parlons de mutation, jamais de décadence. Il existe une mutation de l’art liée à l’évolution de la société…

Première remarque : la notion d’art est une notion récente par rapport à l’histoire humaine. On ne parle pas d’art avant le XVIIIe siècle, et encore le terme était fortement lié à une activité manuelle. L’émerge d’un terme d’art est aussi lié à l’émergence d’une appréciation esthétique de l’art, et non plus pédagogique, sémiologique, ou politique comme elle l’était les siècles précédents

Je partage avec Clair l’idée que l’art est une « sublimation » :  l’Académicien explique que le psychanalyste voit dans l’oeuvre d’art un moyen d’employer son energie, canaliser ses pulsions sexuelles, primaires, archaïque dans un projet dépassant le cadre de l’immédiat et du vulgaire. J’y vois l’accomplissement d’un dessein en lien avec les aspirations comme les influences de l’artiste. Il est aussi le reflet d’une société, et de ses valeurs, de la noblesse du partage desdites valeurs….   L’art est et doit signifier, mais cette sémiologie, cette quête de sens est de plus en plus dénaturée par l’art contemporain.

L’art contemporain : l’éphémère et l’insignifiant

Citons Jean Clair :

« L’histoire de la peinture contemporaine est celle d’un art dépossédé de ses pouvoirs de dire des choses parce que ses contemplateurs eux-mêmes sont devenus de plus en plus bêtes et moins cultivés »

Clair joue un peu démagogiquement sur l’abrutissement collectif. Bien sûr, l’évolution de la société fait que le spectateur lambda ne peut souvent pas comprendre la signification d’un reliquaire ou d’une scène de la Passion car il n’en déchiffre plus les symboles. L’art contemporain serait plus facile à comprendre car il y a absence de sens. Or cette insignifiance serait le symptome d’une société en perte de repères et de valeurs. Discours fort convenu…

« Cet art contemporain est le symptôme le plus éclatant du désarroi intellectuel et spirituel de la société occidentale. Lorsqu’on ne sait plus à quoi servent l’art ou l’oeuvre d’art, c’est que l’on ne sait plus à quoi servent les piliers de la société – Etat… et donc de la société elle-même. »

Jadis, l’art servait à exalter et valoriser les vertus humaines : clémence, tempérance, piété, justice, courage… Cette transmission de valeurs héritées de l’Antiquité se faisait notamment par l’art : peinture, sculpture, dessin.. Désormais, dans une société sans marqueurs relativisant toute valeur au prétexte d’une liberté détournée fallacieusement, tout équivaudrait à tout : Rihanna à Beethoven, Kader Attia au Guerchin, Caravage à Ben…

« La fascination pour l’éphémère et le transitoire domine alors que l’idéal même de l’art est de produite des créations qui se perpétuent à travers les siècles ».

Jean Clair dénonce L’art pour l’art érigée en norme. Or, aucun art n’a jamais été privé de sens puisqu’il se rattachait toujours à une fonction :

« Aucune société, aucune culture avant la nôtre n’a jamais envisagé et monté l’art pour l’art. Or cette logique, qui travestit en art ce qui à l’origine résultre d’autres vocations – utilitaire, religieuse, etc – relève d’une furieuse folie. Lorsqu’ils réclament le retour, chez eux, des totems de leurs ancêtres, les Indiens n’agissent que par réflexe religieux :jamais ils n’ont considéré ces objets autrement que dans leur vocation et leur désignation spirituelles ; seul l’Occident les a transformés en objets d’art »

L’exemple de l’art d’avant-garde avec l’art africain en vogue depuis plusieurs décennies en est un exemple :  les masques africains sont des objets cultuels, sont vendus des fortunes alors qu’ils sont pillés, volés, spoliés à des communautés traditionnelles. La catastrophe s’étend aussi à l’Océanie et à l’Asie. Les arts dits premiers ne sont donc que le fruit d’un pillage systématique de communautés africaines, et d’une hypocrisie marchande et lucrative : des objets du quotidien, artisanaux et symboliquement forts sont vendus des fortunes à des collectionneurs et des acheteurs ne reflechissant sans doute ni à leur signification initiale, ni à leur provenance.

Cependant, le détournement d’objets de facture artisanale ou d’objets cultuels touche aussi l’Europe. De manière générale, l’ensemble de l’art sacré a été frappé d’un détournement de sa fonction initiale. L’art sacré lui même est décontextualisé et détourné de sa fonction première, même en Europe, et ce depuis la période révolutionnaire en 1789. En 1802, la création de musées dits des Beaux-arts a ainsi vu l’irruption de toiles religieuses dans les musées.

« Les oeuvres religieuses ne sont-elles pas retirées de leur vocation – le culte- et de leur lieu – les églises – originels pour être accrochées aux murs des musées et ainsi d’être réduites à leur seule faculté d’admiration jusqu’à devenir objets d’indifférences ? »

Le postulat d’une oeuvre autonome de son cadre ne s’applique pourtant pas toujours à ce que décrit Clair. Il n’est pas nécessaire d’être dans une église pour apprécier une toile de Jouvenet ou de Rubens. Beaucoup d’oeuvres pieuses ornaient les murs des intérieurs bourgeois et aristocratiques, dans un cadre et un usage privé, et se retrouvent désormais dans les musées.

Le peintures religieuse avaient deux buts : l’édification des fidèles à s’amender de leurs péchés par la vue de saints exemples, et la médiations entre Dieu et les Hommes par une doulie que les Protestants ont vite assimilés à une iconolâtrie.  Ce que Clair dénonce serait plutôt une désacralisation des oeuvres d’art qui mis dans un cadre neutre privé de signes le mettant en valeur, n’est réduit qu’à sa dimension esthétique. Je n’y crois pas tout à fait, puisqu’ à la différence de Clair, je postule l’intelligence et la culture du contemplateur au musée.

Clair a plutôt raison lorsqu’il dit que l’art contemporain (en particulier l’art minimaliste) ne permet plus un dialogue alimentant réflexion humaine, souvent asignifiante ou régressive : quelle réflexion tirée d’excréments ou de pisse ?  L’art serait donc le reflet d’une société laïque banalisant l’histoire humaine jusqu’à l’insignifiance, au lieu de la sublimer.

Pour autant tout n’est pas à jeter dans l’art contemporain. Je pense au contraire que nous avons beaucoup à en apprendre  lorsqu’il pose des questions  : les oeuvres de Melik Ohanian, ou de Raphaël Sibony par exemple nous interrogent sur les rapports que nous entretenons avec l’image, l’intertextualité, la société du spectacle… Inversement, je reste totalement insensible à une merde sous cellophane comme j’ai pu les voir il y a une dizaine d’années au musée des Beaux-arts de Grenoble…

Les musées ?  des halls de gare !

Dans l’entretien avec M. Lafay, Jean Clair rappelle l’origine des musées en 1793 : regrouper sciences et arts. Le Refus de distinguer objets de savoir, et objets techniques, pas de distinction entre la forme et la fonction, entre l’esthétique et le pratique. Les Beaux-arts apparaissent au siècle suivant. Une sélection s’opère dans les collections privilégiant les formes sur la fonctionnalité. De ce fait, plusieurs oeuvres sont évacuées : celles ne correspondant pas à des critères esthétiques classiques, et les objets fonctionnels du quotidien. l’art populaire et les objets usuels de l’artisanat disparaissent. Pour Clair, le musée n’a d’autre fonction qu’une fonction conservatoire, un sanctuaire patrimonial, un lieu valorisant le génie humain. Malheureusement, ce rôle et cette mission sacrée se heurte à l’écueil des « badauds » et les touristes arpentant les salles des musées sans connaissance, sans sensibilisation aux oeuvres qu’ils voient : La Curée, d’Emile Zola.  Jean Clair n’a de cesse de se lamenter d’un abrutissement des masses, passant, l’oeil vitreux, indifférent devant des chefs-d’oeuvre ; à tel point que je me demande si il ne souhaiterait pas un filtrage des musées à une élite cultivée seule capable d’en comprendre le sens, ou plutôt qui se sent seule capable d’en interpréter correctement le sens et les codes. Le musée devrait être un sanctuaire réservée à une poignée d’initiés.

Dans les années 1960, Pierre Bourdieu avait écrit L’amour de l’art et s’était intéressé au public qui fréquentait les musées. Jean Clair n’a visiblement pas lu le sociologue, qui pointait l’impuissance et l’angoisse des gens les plus frustes devant les oeuvres d’art, incapables d’en déchiffrer le sens, et la morgue de ceux qui plus cultivés et aisés souhaitent en mystifier l’accès, la compréhension, mais aussi le cadre d’observation : le silence devant l’oeuvre, la vue à bonne distance de l’oeuvre…

Contrairement à Clair, je pense que l’une des missions du musée est de favoriser l’accès et la compréhension des oeuvres d’art, au service plus grand nombre. Ce n’est pas désacraliser l’art que de mettre les codes de sa compréhension à la portée de tous. Si je suis d’accord pour dénoncer la relativisation de l’art, sa présentation comme un produit de consommation, je désapprouve totalement la généralisation que fait l’académicien sur l’indifférence supposée des visiteurs. Si il y a indifférence, elle provient aussi et surtout d’un manque de culture lié à une éducation,familiale et/ ou scolaire. D’autre part, la sensibilité, les « goûts » de chacun s’exprime différemment, et leur point de vue si différent soit-il contribue souvent à enrichir notre réflexion et modifier notre point de vue . On ne peut pas imposer à l’autre d’apprécier une oeuvre d’art que l’on aime soi même.

Clair compare les musées aux stades, où les gestes d’incivilités se multiplient dans les premiers, ce qui permet de les comparer aux stades :

« Ce qui de manière frappante, fait le lien entre les stades de football et les musées, c’est le caractère immédiat, violent, éphémère qu’ont en commun d’un coté l’idéologie de l’adulation et de la vénération du corps propre aux supporters, de l’autre le comportement des spectateurs de l’art, qui réduisent ce dernier à un simple et futile divertissement. »

Selon Clair, Le stade comme le musée font partie d’une société favorisant l’hédonisme, et la consommation. L’iconolâtrie qui en découle n’est que le symptôme d’une société qui promeut constamment le culte de la jeunesse, et de l’apparence, le profit et la jouissance immédiate au détriment de l’intellect et de l’introspection. Jean Clair dénonce les musées qui s’apparentent de plus en plus à des « hall de gare » bruyants menaçant la conservation des oeuvres.

L’Académicien doit avoir en tête les nuées de touristes du Louvre ou du musée d’Orsay. Il oublie cependant que l’immense majorité des musées Français sont des petites entités beaucoup moins fréquentés que les grandes institutions par ailleurs obsédées par la rentabilité et la fréquentation.

Pourtant, les incivilités, les bousculades, le bruit est lele propre de tout lieu public. Le raisonnement de Jean Clair  tend une fois de plus à barbariser le public des musées, et des stades, à induire une différence entre une élite respectueuse des codes qu’elle impose elle même et une masse inculte, différente, bruyante. Bref  Clair réduit l’autre à ses tares, et se promeut comme le  garant d’une appréciation d’un art et d’une sociabilité légitimes.

La Marchandisation de l’art 

Clair dénonce aussi la marchandisation de l’art, sa mercantilisation. Pourtant, l’académicien a été le commissaire de plusieurs expositions par le passé. L’art a toujours eu des rapports avec le commerce : une artefact, une oeuvre d’art est faite pour être vendue. L’art est par essence commercial.

« Le commerce de l’art est indispensable. Il permet comme ce fut le cas en Grèce grâce à celui des statues, de perpétuer les valeurs d’une société. La marchandisation de l’oeuvre d’art obéit, elle, aux lois générales qui dictent le fonctionnement de tout pays industriellement avancé : rendement à court terme, spéculation, anonymat des tranqcation, OPA… »

Jean Clair condamne surtout la dimension spéculative de l’art au XXIe siècle. L’art est devenu un investissement sur et rentable, pourvu qu’on ait un peu de nez et de l’argent. La figure du collectionneur et homme d’affaires François Pinault est dénoncée en filigrane. Ce serait oublier que toute une filière vit et parie sur la valeur d’oeuvres et d’artistes, du galeriste à l’acheteur.

On pourrait regretter avec Clair, que le collectionneur est désormais plus un investisseur qu’un « connaisseur », que le rapport à l’oeuvre ne soit plus intimiste, amoureux, mais spéculatif et ostentatoire ; mais ce serait généraliser, et mépriser tous les collectionneurs amoureux de peinture, de sculpture ou que sais-je encore appréciant sincèrement les oeuvres qu’ils achètent.

Comme la perception de l’art au cours du denier siècle, le statut de l’artiste a changé également, jusqu’à devenir une marque, tel Ben. D’un simple exécutant, inspiré ou non par Dieu, l’artiste s’est procuré au cours des siècles un statut social envieux, à la fois à la marge et au centre d’une société qu’il dénonce alors que paradoxalement, il en fait pleinement partie. La sociologue Nathalie Heinich a étudié cette autonomisation du statut de l’artiste.

« L’artiste contemporain refuse toute autorité et toute idée d’une transmission. Il est comme l’enfant qui affirme sa toute puissance et à qui tout est permis, tout est accordé, tout est pardonné. Il peut donc exposer ses excrément en déclarant c’est de l’art ! »

Comme je l’ai dit, l’artiste a un rôle central dans la société. Cela tient moins autant à son nom qu’à l’acte créatif si caractéristique d’un style, le sien. La notoriété d’un artiste est la condition de son succès auprès d’une élite prête à acheter ses caprices. L’artiste Ben est représentatif de ces impostures artistiques où quelques lettres calligraphiées deviennent des oeuvres d’art. Mieux, Ben est devenu en une dizaine d’années une marque vendue sous forme de trousse, de stylo, de sac, de cahiers avec des phrases débiles.

En vérité, ces attitudes, cette mercantilisation répond à une demande des consommateurs. L’art « main stream » promu par des revues grand public comme Télérama, ou plus pointue comme Art Press conduisent à ce genre de banalisation.  Si l’art est témoin et conscience du monde, comme l’est le poète et le philosophe, est-il normal d’apposer le nom de Picasso à un modèle de voitures ? C’est rendre complice l’artiste d’un système économique basé sur la docilité et la consommation. L’art ne devrait jamais se consommer, il devrait se ressentir.

Clair s’offusque des postures et impostures de l’art contemporain. Il a pourtant dirigé la Biennale d’art de Venise, la plus prestigieuse en art contemporain en 1995 ! Rien de plus avant-gardiste, de plus in, de plus élitiste !

Jean Clair joue les Cassandre et le réactionnaire, mais il a contribué de fait à promouvoir et valoriser cette marchandisation d’un art contemporain qu’il juge désormais décadent !

Et l’avenir ? 

La dilution de l’art français, ou européen dans un maëlstrom culturel mondialisé inquiète notre académicien, qui appelle de ses voeux la création d’un musée de l’art européen, en prenant et défendant le musée de l’histoire de France qui se créée à l’hôtel de Soubise. Fort heureusement, Clair ne voit pas le musée de l’Europe comme une exaltation européocentrée, mais comme l’héritier d’une culture puisant ses racines politiques et culturelles dans l’Antiquité greco-romaine et ses fondements spirituels dans les textes judéo-chrétiens. L’avenir de l’art, Jean Clair le voit sombre c’est apocalyptique et tellement convenu du « tout part a volo ma bonne dame » y compris dans l’art.

Pour conclure, on a l’impression que Jean Clair est un vieil aigri qui ne comprend plus, ou ne veut plus comprendre le monde dans lequel il vit. Ses propos polémiques donnent l’impression que rien n’est modifiable, que l’art contemporain est condamné à répéter ses tares, que les gens ne sont qu’une masse de consommateurs incultes et grossiers. Ces paroles pessimistes sont bien évidemment généralisateurs, et violents à dessein. Je reste persuadé que la démocratisation de l’accès à toutes les formes d’art est une bonne chose puisqu’elles sont témoins du monde et fait partie de notre patrimoine culturel. Ce sont les formes de démocratisation qui sont à blâmer, non pas les musées, puisqu’ils sont le fruit de critères esthétiques qualitatifs, mais sa mercantilisation où tout le monde est complice : artistes, galeristes, acheteurs.

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3 réflexions sur “Jean Clair pulvérise l’art contemporain

  1. Mais enfin l’art contemporain n’a rien de démocratique Il est l’apanage de milliardaires vivant en proximité avec les ministres de la culture , leurs conseillers et les directeurs de musée, l’argent public (que nous pauvres citoyens payons sous forme d’impôts) finançant les pseudo artistes toujours plus déséquilibrés, dont les oeuvres rachetées par ces mêmes milliardaires sont artificiellement sur-cotées par les ventes organisées par les Christie’s et autres Drouot. Le bon peuple ne s’y trompe pas : Il n’y a pas de démocratie dans l’art contemporain mais une bonne dose de pédanterie. Molière se serait régalé de cette situation comme il l’a fait avec les précieuses ridicules!!!

    Thierry

  2. Aucune personne de bonne foi ne peut ne pas voir la justesse des considérations de Jean Clair quoi qu’en disent les thuriféraires de l’art moderne!
    A.

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