Visite privée au musée de l’imprimerie

Je l’ai déjà écrit, et je le répète, je ne suis et serai jamais las de promouvoir un lieu culturel tel qu’un musée. Hormis les livres, et quelques musiciens pour qui j’ai un coup de coeur, je répugne à parler d’objets tendance, à faire la critique de tel ou tel lieu. Je n’ai pas créé de blog pour faire du placement produits. Pour cela, il existe des centaines de pages, mais en ce qui concerne la vie culturelle Lyonnaise sous tous ses aspects, nous sommes peu.

Pourtant, il y a beaucoup à dire et à montrer. Je remercie Romain pour la visite du Musée de l’Imprimerie qu’il a procuré à quelques blogueurs Lyonnais dont je fais partie. J’y ai découvert non seulement le musée, mais des blogueurs et twittos sympathiques aux personnalités intéressantes. J’espère que ce genre d’initiative pourra se renouveler, car cela profite non seulement à ces lieux culturels, pas toujours très médiatisés, mais aussi aux blogueurs qui trouvent ainsi une opportunité d’apprendre sur Lyon, et sur ce qui les entoure.

Je confesse que malgré mon domaine d’activité thésarde, l’Histoire, je n’avais jamais mis les pieds au musée de l’imprimerie, C’est une erreur désormais corrigée ! La visite a été menée par M. Alan Marshall, directeur du musée, M. Matthieu Cortat, typographe Helvète sans accent ;), et Mme Bernadette Moglia…

Le musée est situé dans l’ancien hôtel de ville de Lyon rue de la poulaillerie dans le 2e, celui qui précéda, justement, l’actuel Hôtel de Ville construit sur les plans de Simon Maupin. L’hôtel de la Couronne car tel est son nom est beaucoup plus modeste que son successeur. La Cour du musée abrite une copie de la table claudienne exposée au Musée Gallo-Romain et rappelle que Lyon connut un passé glorieux et ancien. J’habite moi-même sur une avenue qui porte le nom d’un des premiers imprimeurs Lyonnais : Buyer.
La collection du musée abrite des trésors insoupçonnés : Bible à 42 ligne de Gutenberg, un des premiers imprimés proche par sa pagination des derniers manuscrits du XVe siècle, placard protestant semblable à un de ceux affiché sur la porte du roi François Ier en 1534 à Amboise, et quantité d’ouvrages des XVIe siècle, âge d’or de l’imprimerie lyonnaise avec les Dolet, les de Tournes, les Gryphe et bien d’autres encore ; un héritage tombé dans l’oubli, ou l’indifférence alors qu’au XXe siècle, des hommes passionnés comme les frères Audin tentaient de les faire redécouvrir avec des lieux tels que le musée de l’imprimerie. Les XVIIe et XVIIIe sièclse ne sont pas oubliés avec leurs typographies variées (Elzevir, Plantin…), la diversification des publications, l’apparition des périodiques : la Gazette de Renaudot, les Nouvelles de la Républiques des Lettres de Bayle sont bien présentés, comme l’Année Littéraire de Fréron ; gravures au plomb, au bois, planches de l’Encyclopédie. Je buvais du petit lait ! 🙂

J’ai trouvé la muséographie bien conçue, dans le sens où un texte présentait le contexte dans lequel les oeuvres présentées s’inséraient. De petites notices explicatives en dessous des ouvrages ou des machines donnaient quelques renseignements sur l’oeuvre elle-même. Pas de présentations interactives inutiles, ni d’écrans ni de quoique ce soit de ludique et d’inutile.

La visite ne s’est pas focalisé sur la technique de l’imprimerie (mais ô combien fallait-il  de la patience et de l’énergie !), mais sur l’évolution des supports, de la mise en page, des contenus des ouvrages imprimés à Lyon. Ces moments de découverte d’anciens imprimés a semble-t-il été profitable à notre petit groupe puisque quelques-uns établissaient avant même la fin de la visite des passerelles entre leur activité blogueuse et l’imprimerie. En effet, il y a des liens. Le support n’est qu’un moyen de faire passer des message, qu’ils soit intime ou écrit pour la terre entière : ils seront lus, les lecteurs se les approprieront, les feront leurs, les approuveront, les rejetteront…

La visite, au reste fort conviviale s’est achevée dans l’atelier du musée autour d’un verre et de menues victuailles, ce qui a permis à notre groupe de découvrir qui faisait quoi, de discuter avec les membres du musée de leur identité numérique, d’ouvrir quelques pistes.

Visiter le musée de l’imprimerie permet de renouer avec le patrimoine culturel de la ville, Avec ses foires et la soie, l’imprimerie fit de Lyon une ville d’envergure mondiale au XVIe siècle. Si par un jour de désoeuvrement, vous ne savez pas quoi faire, allez faire un tour à l’hôtel de la couronne !

La prochaine exposition du musée sera consacrée à un maître-calligraphe Japonais : Shingai Tanaka. Du 13 juillet au 25 septembre 2011, les visiteurs pourront admirer les oeuvres de Tanaka, mâitre du Sho (calligraphie)ayant vécu à Lyon et décédé en 2007. On sait que la calligraphie est un des éléments les plus caractéristiques de la culture japonaise, empruntée à la calligraphie chinoise. Derrière l’encre et le papier du calligraphe, plusieurs préceptes sont à l’oeuvre : maîtrise de soi, recherche de la vérité, mais aussi de la simplicité…

Advertisements

Une réflexion sur “Visite privée au musée de l’imprimerie

  1. Oui, c’est sans doute l’un des musées les plus justes de la ville. Dommage que l’équivalent n’existe pas réellement pour la soierie, qui fut l’activité industrielle qui prit la place dominante peu après François 1er;
    Un véritable musée de le soie et des canuts manque cruellement à cette cité. Le parcours que la municipalité actuelle propose (pole muséal), de la maison des canuts à une ou deux salles du musée Gadagne et au musée des tissus tente de masquer ce vide. Une aile de l’Hotel Dieu consacrée à ce beau projet eût été, aux yeux du maire actuel, anachronique ! C’est bien dommage, et vivent les hôtels de luxe !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s