Lyon est une ville… embouteillée

Citroën Ami 6 : une voiture, une vraie !

A Lyon, on aime les bouchons. Les restaurants, et les embouteillages. Ca fait partie du folklore. En revanche, on ne maudira jamais assez le gros naïf qui pensait que les vacanciers Parisiens allaient s’arrêter à la Brasserie Georges ou chez la mère Vittet . Un certain Pradel je crois, celui qui fit passer l’autoroute dans la ville et la défigura… Lyon n’a jamais été gâtée en matière de maires. Les visionnaires ne regardaient l’avenir que par une lorgnette.

Lyon capitale a publié un article sur un classement des villes les plus embouteillées d’Europe (réalisé par la marque de GPS Tomtom.) Lyon arrive en 6e position, avec 32,6% de ses routes bouchées. La ville lauréate est Bruxelles avec près de 39% de ses routes embouteillées.  On parle embouteillage, mais le problème dépasse en réalité la simple question de la bagnole en ville.

Concrètement, on peut déduire deux choses de ce classement. En premieur lieu, Lyon est une ville dynamique. Il n’y aurait pas d’augmentation des embouteillages si la ville ne connaissait pas une croissance économique et démographique notable. Cela signifie aussi que plus de voitures = plus de pollution. Lyon est une ville polluée par plusieurs sources : le trafic automobile représente l’essentiel des émissions de CO2 dans l’agglomération. On pourrait aussi évoquer le couloir de la chimie qui répand ses effluves soufrées dès que le vent tourne au sud. Je me souviens de nuits assez puantes dans le 7e. Je n’ai plus ce souci dans le 5e puisque je suis « caché »  de la plaine par la colline de Sainte-Foy. toutefois, pour ne pas trop accabler nos élus, la Ville et ses abords connaissent de nombreux travaux qui accroissent le nombre de kilomètres de bouchons : à Mermoz, la suppression de l’autopont et le réaménagement de la voirie donne de gros embouteillages chaque jour (bouchons testés et approuvés). Comme l’agglomération se développe et s’équipe continuellement,  il n’y a pas un mois sans qu’un gros aménagement conduise à de gros embouteillages, inéluctables.

Pourtant, les chiffres de fréquentation des transports publics sont, eux, en nette augmentation, mais ne représentent encore qu’une part réduite des déplacements dans l’agglomération. Et cela se voit dans le métro, dont le réseau et les infrastructures sont devenues obsolètes en 30 ans. Les nouveaux aménagements réalisés ont pour but d’augmenter la capacité des rames, pour un laps de temps incertain. Il faudra bien un jour investir dans de nouvelles rames pour nous serrer comme des sardines, des rames de tramways plus grandes, des couloirs de bus aussi… Les pouvoirs publics et le SYTRAL investissent pour desservir des banlieues qui s’étendent à l’Est comme à l’Ouest.  Au mois d’août, le réseau d’autobus des TCL sera réorganisé de façon radicale pour optimiser la desserte de l’agglomération. Le réseau tram-train de l’Ouest Lyonnais au départ de la gare Saint-Paul sera aussi lancé.  Mais tout cela est-il suffisant pour inciter et réduire les embouteillages et plus généralement la part de la voiture dans l’agglomération ?

Pour les infrastructures routières, l’A 89 Balbigny-La Tour de Salvagny est en cours d’achèvement, mais le dernier tronçon entre la Tour et l’A6 pose problème. Le Grand Lyon souhaiterait qu’il soit raccordé au niveau de Anse à l’A46 pour éviter un basculement du trafic vers le tunnel de Fourvière obsolète, saturé, et donc un passage dans la ville et la Presqu’île. Les élus locaux sont bien évidemment pour ce tracé et un raccordement à Lissieu ou Dardilly. Il reste deux problèmes : l’achèvement du Boulevard périphérique, et la création du pendant à l’A46 du coté de l’Ouest et des riches communes de l’Ouest Lyonnais  ; le COL, qui absorbera la majeure partie du trafic automobile puisqu’il évitera Lyon et fera gagner du temps pour les camionneurs et les vacanciers. Mais là aussi, oppositions d’élus, souvent UMP à un tracé sur leur commune. Le COL on en parle depuis plus de dix ans, et rien n’a été fait. Depuis, les communes de l’Ouest se sont développées, et ont gagné des habitants.  Cependant, le trafic routier de transit reste une source ponctuelle d’embouteillages. Une grande partie des automobilistes prisonniers des bouchons vient des mouvements pendulaires des salariés habitant en dehors de Lyon, habitant de plus en plus loin, pour profiter d’un « cadre de vie »; comprenez une maison individuelle en parpaings recouvert d’un crépi bon marché, un bout de jardin avec une pelouse,  et les emmerdes d’un lotissement (voisins bruyants, barbecues etc, etc…)

Pourtant, il faudra bien trouver une solution, qui n’est pas pour demain. Les embouteillages pourraient même s’aggraver. L’emplacement du Grand Stade promet de jolis bouchons sur l’A46 et le Périphérique les soirs de match. Les délicatesses entre élus et les questions de financement doivent aussi être réglées ce qui promet de belles empoignades dans les assemblées locales. Enfin, les investissements pourtant très importants du SYTRAL (à la dette abyssale) semblent insuffisants. L’extension de l’agglomération amène à renouveler l’éparpillement urbain, source de pollution. Les urbanistes pensent qu’il faut densifier ou redensifier certaines zones des centres urbains, bref construire collectif et non plus individuel, et en HQE, développer les dessertes ferroviaires et/ou d’autobus. Et puis, l’idée de péages urbains paraît bonne, mais elle pénalisera les gens aux plus bas revenus qui ont besoin de la voiture pour des raisons professionnelles et accentuera la césure sociale entre des banlieues de classes pauvres et moyennes, et un hyper-centre aisé, riche, où la limousine pourra s’ébattre en toute liberté après avoir payé son tribut à l’entrée de la ville.

Moi, pour mes déplacements, je ne compte que sur mes pieds et ma carte Técély. Je n’ai pas le permis de conduire, ni de voitures. Je n’ai pas à me plaindre. Je suis à quarante cinq minutes de marche de la Place Bellecour, ce qui est suffisant pour entretenir mon corps dionysiaque, sans polluer ! :). Et puis j’ai besoin de maigrir !  Comme j’habite en ville, je n’ai jamais éprouvé le besoin de passer mon permis puisque j’ai tout à proximité, ou presque. Je compte quand même le passe, on ne sait jamais…

En revanche, mon père ne jure que par la voiture pour quasiment tout. Pour une grande part des Français, la voiture est synonyme de liberté. Liberté de mouvement, certes, d’aller où on veut, comme on veut. Et ce n’est pas générationnel, puisque la voiture est indispensable pour se rendre au travail, ou pour travailler…. Or, avec la montée des cours de matières premières, cette symbolique vit des heures comptées. La voiture électrique n’est pas au point et sa construction pollue plus qu’une voiture normale…et l’autonomie est limitée. Les meilleurs modèles font 250 km (coût 30 000 euro), les voitures hybrides elles, ont une autonomie de… 2 km. J’aimerais bien connaitre les avis des » futurologues » sur les futurs moyens de déplacement, collectifs ou individuels. Que font les frères Bogdanov ?

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Une réflexion sur “Lyon est une ville… embouteillée

  1. J’aime bien ta description de ceux qui veulent à tout prix avoir « un cadre de vie »! L’horreur absolue, pour moi, qui n’aime que la vraie ville ou la vraie campagne;

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