Ma petite soeur dans un nid d’aigle

Moi qui ne donnait pas cher de sa peau, la voilà mieux payée que moi. Et elle fait un travail qui me rend fier d’être son grand frère, ou son « grand fier ». Ma soeur est militaire depuis peu dans la Marine nationale. Son lieu de travail ? La mer, l’infini dirais-je. Elle l’épie, elle l’observe, elle note ce qui en agite la surface : chaque mouvement de navire du haut d’un nid d’aigle d’une beauté prodigieuse. A 400 mètres de hauteur dans un lieu que je chéris pour être l’un de ceux où j’éprouve ce trop rare sentiment de liberté, avec un brin d’euphorie devant l’espace qui s’offre à moi.

Cet endroit ce situe entre Cassis et La Ciotat sur la route des Crêtes, au bout de la terre de France, dominant la mer au sommet d’ immense falaise  De là, on saisit d’un regard l’immensité bleue des flots qui se confond souvent avec la mer. A L’Est : la Ciotat, Bandol, le Cap Cissié, et Toulon, puis très loin Porquerolles. A l’Est, le Cap Canaille (que j’affectionne en premier lieu), un bout de Cassis, et l’île Maïre qu’on aperçoit depuis Marseille….

La Ciotat, le chantier naval, la baie...

Un paysage que seul l’Armée peut offrir. Qui peut avoir le privilège d’ouvrir les fenêtres de sa chambre avec une vue imprenable sur 40 kilomètres de ôotes, d’être en première ligne lors de tempêtes dignes de l’ire de Poseïdon, d’orages manifestant la colère de Zeus, de s’accrocher à ce bout de terre lorsqu’Eole soupire ?

La Ciotat - Le bec de l'aigle

Dans la cabine panoramique, ma soeur m’a tout expliqué de son travail, d’un ton docte, et heureuse de me montrer à moi, son frère qu’elle savait. En fait, je l’envie…  Quel lieu (provisoire) de travail ! Je pourrais y passer une vie reclus tellement ce lieu m’inspire et met en joie. Des jumelles, j’ai pu voir à 20 kilomètres de distance les bâtiments de la rade de Toulon.

Et puis nous sommes allés sur la passerelle dehors…Tous les deux. Nous avons causé ferries car la Corse pour je ne sais quelle raison est depuis mes quinze ans une ile de cocagne. La Plus belle  » Kalliste ».  Le vent d’Est soufflait et les nuages filaient, alors qu’une régate arrivait à Cassis. A l’opposé, quelques yachts part,aient de La Ciotat et au Sud, la mer à perte de vue perdait parfois sa couleur azur, assombrie par quelques nuages. Ces mêmes nuages jouaient au Nord avec l’imposant massif montagneux s’étendant entre Marseille et La Ciotat. Bref instant dont je me souviendrai comme un privilège autant que d’un des meilleurs moments de cette année 2011.

Ce frêle  poste, annonçant la Provence, soumis à tous les caprices de la Nature, dans un cadre prodigieux, où je me perdrais volontiers si j’en avais l’occasion.  Mon pauvre petit appareil photo ne fait pas le poids pour retranscrire la beauté des lieux.

Les Calanques

J’ai aussi découvert une chose sur la Grande Muette : le militaire est loin des clichés qu’on se fait de lui. Ce sera l’objet d’un autre billet, qui arrivera dans quelques temps. Pour l’instant, j’essaie de me remettre d’une folle journée, qui a un lien avec ce que je viens d’écrire. 🙂 Indice : Képi blanc.

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