Prochaine exposition au Palais Saint-Pierre : « Le génie de l’Orient, l’Europe moderne et les arts de l’Islam »

Le Musée des beaux-arts de Lyon inaugurera le 2 avril 2011 une nouvelle exposition consacré aux arts islamiques.

Comme la page consacrée par le Musée à l’expo, l’Europe a été « émerveillé » par les arts orientaux, ou plutôt Moyen-Orientaux dès le VIIIe siècle et la conquête arabo-musulmane de la péninsule ibérique.

Car le contact entre Orient et Occident s’est fait précocément, dès la fin des « âges obscurs » du premier Moyen Age. Contacts sporadiques, certes, mais intenses, et brutaux si on prend l’épisode des Croisades. Oui, l’Occident à toujours été fasciné par le luxe et l’opulence de l’Orient. j’évoquais il y a quelques temps la Chine et ses richesses. L’Orient islamique fut lui aussi une sorte d’Eldorado pour les Européens, ses marchands surtout : Venise, Gênes, puis Florence et même…Lyon. Au XVIIe siècle, des marchands Lyonnais sont installées à Alep en Syrie, dont pas mal sont Protestants : le fils de l’apothicaire Philippe Sylvestre Dufour, qui lui avait écrit les célèbres Instructions morales d’un Père à son Fils, Jean-Jacques Spon frère de Jacob Spon et fils de Charles Spon médecin philhéllène ;  ainsi que les frères Philibert…  Plus généralement, les Européens tenaient au XVIIe siècle des têtes de pont par la présence de fortes colonies marchandes dans les « Echelles » du Levant par le biais des compagnies orientales : les Anglais et Hollandais furent par exemple bien implantés à Smyrne. Les caravanes acheminaient les richesses de Mésopotamie à travers les étendues désertiques de Syrie et d’Anatolie.

Les  récits de voyages du Grand Siècle de Tavernier, Chardin, Bernier, font connaitre à la France et à l’Europe savante les richesses de Perse et d’un Orient autant fantasmé qu’opulent. Cette tradition de voyage en Orient perdura jusqu’au XIXe siècle. Chateaubriand produisit un Itinéraire de Paris à Jérusalem, mais explora aussi l’Egypte et la Tunisie.

Molière avec le  Bourgeois Gentilhomme ; les Lettres persanes de Montesquieu,  donnent des échos plus ou moins lointain de cet Orient  fascinant mais encore peu familier, mais condamné pour sa religion musulmane qualifiée d’idolâtre.

Mais c’est l’orientalisme du XIXe siècle qui permet à la France de comprendre réellement les arts islamiques : la campagne d’Egypte de Bonaparte, puis la conquête de l’Algérie et du Maghreb par les Orléans et Napoléon III… Mais ce dialogue est dans la continuité de la littérature de voyage et des contacts de la France et de l’Orient à  l’époque moderne.

L’art de l’islam est essentiellement un art ornemental et aniconique ( sauf en Perse) où le motif est érigé en chef-d’oeuvre : que ce soit les azulejos ou les motifs d’une vasque, de l’architecture palatiale des palais cairotes ou des fontaines de Grenade, la sculpture, la fresque et la céramique y ont été sublimés par le talent d’une foule d’artisans agissant en glorificateur de Dieu et de son prophète.

Dans ces temps où l’islam et le musulmans sont diabolisés, il est judicieux de montrer par cette exposition que l’islam a aussi produit un art raffiné et délicat pas assez mis en valeur en Europe.

L’exposition s’achèvera le 4 juillet 2011.

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