Les atours de Tours

Tours, rue Rapin

Tours le 4 novembre 2010

Ce voyage en Touraine me fait beaucoup de bien. Je ne connais pas le val-de-Loire ni ses beaux châteaux. L’avantage de Tours réside dans sa situation centrale  Chambord est en amont à l’Est, Chenonceau sur le Cher, Blois n’est pas très loin, de même que Saumur et Amboise. Angers est en aval.

Le trajet pour rejoindre les bords de la Loire fut interminable. Le train passait par le centre de la France, dans des régions qui me sont inconnues et que je n’ai pas pu apercevoir à cause de l’obscurité. Au mieux ai-je pu apprécier le paysage jusqu’à Moulins. Ensuite, notre train est passé par Bourges, Vierzon et a rejoint son terminus en cette ville. 5 heures de trajet et plus de 450 kilomètres dans des wagons bondés avec de gens restant vaillamment debout. La SNCF privilégie désormais la rentabilité au confort des usagers et cela se fait sentir. Il ne s’agissait même pas d’un train corail mais d’un de ces nouveaux trains Bombardier plus étroits en largeur.

La gare de Tours est jolie, une gare de terminus pour une ville de taille raisonnable. J’ai vraiment pu apprécier Tours aujourd’hui à la lumière automnale. Je suis charmé de la continuité architecturale de la ville. Des bâtiments les plus anciens aux plus modernes, Tours mérite vraiment une visite le temps d’une halte ou d’un week-end.

Des bâtiments Renaissance côtoient des hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles. Pourtant, la ville n’a jamais été le siège d’un parlement, mais d’un présidial comme à Lyon. La différence vient du fait que Lyon a rasé ses hôtels pour construire des immeubles plus rentables pour leurs propriétaires. Des rues n’ont semble-t-il pas changé depuis le XIXe siècle. On pourrait tourner un film d’époque sans problème.

Tours : la crypte de la basilique Saint Martin

J’ai aussi pu constater que Tours est une ville religieuse. La basilique Saint Martin est sous la garde des soeurs bénédictines du Sacré-coeur de Montmartre. A l’instar de Montmartre, on peut prier en toute tranquillité dans la basilique consacrée au saint patron de la France. D’autres congrégations sont installées dans des locaux aux vastes jardins séparés du monde par de hauts murs, comme les Ursulines près du musée des Beaux-arts. Ce musée est installé dans l’ancien palais des archevêques de facture classique. Devant le musée, un immense cèdre du Liban garde l’entrée l’entrée, et le musée peut se prévaloir d’un petit jardin fort agréable en cette saison.

A un angle de la place Plumereau

A quelques pas de là, la cathédrale Saint Gatien. Le porche et ses tours en impose, la cathédrale a semble-t-il gardé de nombreux vitraux médiévaux, notamment dans le choeur. Un ou deux gisants épiscopaux valent le coup d’oeil. Des restes de fresque médiévales également. On trouve de nombreux tableaux offerts par Napoléon III et signalés comme tels par la mention « don de l’Empereur ».

la nef de la cathédrale Saint Gatien, depuis le choeur

Depuis 1970, Tours possède une université. On lui attribua le nom de François Rabelais, une des gloires de la région. Le plus important se situe sur les bords de la Loire. Le bâtiment, blockhaus anodin de béton ne se démarque pas par son originalité. En revanche, le nom du site décrit en quelque sorte le destin de l’université « Thélème » dont la devise imaginée par Rabelais reste « Fais ce que voudras ».

Je n’ai pas le temps de visiter ou d’aller voir de nombreux autres monuments, notamment l’ancienne abbaye de Marmoutier sur la rive gauche de la Loire et le prieuré Saint Cosme où vécut Ronsard, l’église Saint Julien…

Dans le Vieux Tours...

Le Vieux Tours est charmant, il est situé non pas proche de la cathédrale Saint Gatien, mais à proximité de l’ancienne basilique Saint Martin. Comme je l’ai écrit il ne subsiste que deux tours. Autour de la place Plumereau  d’antiques maisons à colombage alternent avec des maisons des XVIIe et XVIIIe siècles entourés de jardinets.

Un autre visage du Vieux Tours

On franchit la Loire par le pont Wilson qui mène sur la rive droite. la commune de Tours s’étale de la rive droite de la Loire au Nord à la rive gauche du Cher au Sud. De grandes avenues sillonnent la ville. Certaines sont agrémentées de platanes qui donnent à la ville un coté provincial mais plaisant. Le « centre » demeure la place devant l’hôtel de Ville où se coupent l’axe nord sud (rue Nationale l’équivalent de notre rue de la République et l’avenue Grammont), et l’axe est ouest : (avenue Heurteloup et boulevard Béranger). L’hôtel de ville semble démesuré pour une ville de l’importance de Tours qui n’excède pas 150 000 habitants intra muros.

Tours  m’apparaît comme une ville  cossue,  bourgeoise.  Comme je reste dans le centre, j’ignore si cette impression est vraie ou non. En tout cas, j’aperçois pas mal d’artisans, des antiquaires et des libraires. Près de la cathédrale, j’ai pu voir un homme assis dans son salon, ou son bureau je ne sais. Dans un fouillis inextricable de livres, de classeurs, de revues, celui-ci, confortablement assis dans un fauteuil de cuir beige… Question alimentation et cuisine, le coût de la vie reste cher. Pas de Franprix ni de Lidl dans le centre. La cuisine paraît bonne mais pas aussi bon marché que chez nous. Le boudin noir et l’andouillette semblent être des spécialités locales.  Dans le centre, les loyers sont aussi chers que chez nous. Je pense que le TGV, qui met Paris à 1 heure de Tours a sans doute contribué à relever les prix.

Il serait fastidieux de conter l’importance historique de la ville pour notre pays et sa langue. Je garde de Tours en automne une image bucolique et romantique. Je me suis senti à l’aise dans cette ville, de « taille humaine » pas trop petite, pas trop grande, ouverte aux arts et aux travaux de l’esprit, soucieuse des traces de son passé… Bref, une ville calme et accueillante. Je termine par ces vers de Ronsard.

Puis qu’au partir, rongé de soin et d’ire,
A ce bel oeil Adieu je n’ai su dire,
Qui près et loin me détient en émoi,

Je vous supplie, Ciel, air, vents, monts et plaines,
Taillis, forêts, rivages et fontaines,
Antres, prés, fleurs, dites-le-lui pour moi.

Les  deux dernières strophes de Ciel, air et vents, plains et monts découverts.

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