Devant Saint Martin

Dans mon sottise, j’ai toujours pensé que la basilique Saint-Martin se trouvait à l’extérieur de la ville. J’avais tort. Elle est en plein centre. On peut même dire qu’elle en  fut le centre naguère, quand la monumentale basilique de style gothique dominait la ville de ses tours, sans faire d’esprit. Désormais, que reste-t-il ? Un édifice du XIXe siècle dont la coupole me fait penser, à certaines églises du Piémont : Novare et son imposant dôme, ou le Mole Antoniano à Turin. Cependant, le style est dit néo-byzantin mais la décoration est plus sobre que celle de Bossan. Ce soir, sous la crachin et l’obscurité de la nuit tombante,  je suis rentré par une porte donnant sur la rue. L’intérieur est relativement bien éclairé par les luminaires. Quelques bougies brûlent ça et là mais. La charpente apparente a des airs de San Miniatio. Les murs sont épais, comme le silence. Des gens prient. Quel calme ! Pas un touriste, et pourtant nous sommes au centre d’un des saints les plus populaires de notre histoire. Il suffit de voir le nom de nos villages, et le patronyme Martin n’est-il pas un des plus répandus de France ? Je passe par la gauche de la nef. Le maitre-autel domine la nef, et expose ce soir le Saint-Sacrement aux fidèles. En-dessous de ce podium en pierre autel, la crypte. On y pénètre en poussant une porte capitonnée de cuir rouge. On descend quelques dégrés. Les parois de la crypte sont couverts d’ex-votos de remerciements au saint.

Des reliques de Martin il ne subsiste pas grand chose : les Protestants ont brûlé ses restes. On peut voir un bout de crâne et un morceau d’os de bras. En tout cas, ces petits morceaux sont exposés au sommet d’une sorte de cylindre ouvragé en or, derrière une grille. Ces reliques sont surmontées d’un tombeau soutenu par 10 colonnes de porphyre.

J’ai discrètement pris place non pas du coté où l’on voit le mieux les reliques, mais à l’opposé. Une femme priait, je n’ai pas voulu la déranger. J’ai fait une courte prière au saint pour ma famille et mes amis. Je n’ai pas insisté. Hormis cette femme et moi, nous étions seuls.

Je suis remonté dans la nef, où là aussi j’ai prié brièvement. J’ai eu le temps d’apercevoir une religieuse d’une congrégation qui doit « gérer » les lieux.

Au dehors, la tour Charlemagne et la tour de l’horloge laissent préjuger de l’édifice grandiose que constituait l’ancienne basilique, détruite à la Révolution.

La solitude dans une église. Cela m’est rarement arrivé ces derniers temps  si j’excepte Saint Jean de Latran et la Chiesa nuova à Rome au mois d’août. J’ai  beaucoup apprécié le silence des lieux et l’atmosphère recueillie.  la Saint Martin est dans une semaine à peine. Il y aura en ces lieux des festivités, des célébrations. Je m’étonne de ne pas voir beaucoup de monde alors que Saint-Martin fut jadis un lieu de pèlerinage fort populaire jadis.

Oui, je suis à Tours, sur les bords de la Loire, et je suis charmé par cette ville où Rabelais et Ronsard vécurent. Tours est une ville où l’historien et l’amateur de vieilles pierres que je suis découvre avec délectation. De tout cela, je reparlerai et l’agrémenterai de photos.

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