Twitter et le traitement de l’actualité

Twitter est un outil de microblogging permettant d’envoyer des messages courts, de 140 signes par un système de messagerie instantanée. On appelle ces messages des Tweets ou « gazouillis ». Twitter a été créée en 2006 à San Francisco. Ce service se veut aussi réseau social.

Son utilisation est assez simple : il suffit de laisser son message et de le poster. On peut suivre les tweets d’autres internautes utilisant Twitter. En cliquant sur leur profil, on a ainsi une liste de ces messages courts défilant. On peut regrouper ces internautes par liste et constituer ainsi des fils par thème ou par type de profil.

Les utilisateurs ne peuvent pas laisser de commentaires à un message. En revanche, ils peuvent envoyer un tweet au rédacteur d’un message, ou rediriger un tweet vers leur compte personne (fonction retweet)

Une recherche par type de message ou hashtag est aussi possible. Dans une barre de recherche, il suffit de mettre le signe dièse devant le mot à rechercher : par exemple, Lyon devient #Lyon. La liste des messages contenant le hashtag #Lyon s’affiche alors.

Les problèmes relatifs aux données personnelles semblent moins importantes que sur Facebook. Toutefois, Twitter se réserve le droit de vendre les données personnelles si il est racheté. Il est possible de protéger ses messages en les rendant privés, c’est-à-dire uniquement visibles des internautes abonnés à votre compte Twitter.

En avril 2010, le nombre d’utilisateurs de Twitter dans le monde s’élevait à 105 millions. Facebook en compte désormais plus de 500 millions. Au 18 octobre 2010, le nombre de tweets envoyés depuis la création de Twitter était de 27 milliards.

Je me suis inscrit à Twitter en 2008, mais je ne me suis mis à l’utiliser que depuis 1 an et demi. A l’époque, en juin 2010, Twitter était une source d’information fiable sur les manifestations vertes qui avaient lieu en Iran suite à l’élection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence du pays, grâce à un trucage des votes et à l’appui des mollahs les plus conservateurs. J’ai continué à l’utiliser lorsque dans le cadre professionnel simplement. Je réserve Facebook à un usage plus amical et intime, bien que j’ai une méfiance croissante à l’égard de Facebook : moins j’en dis mieux c’est.

Aujourd’hui, Twitter est utilisée massivement par des professionnels de la communication. Il s’assurent ainsi une visibilité sur la Toile  et une image positive en terme de réactivité et de technophilie. De plus en plus d’institutions et d’entreprises ont aussi recours à cette messagerie. J’ai crée un compte Twitter pour le service où je travaille et je l’entretiens régulièrement en nouvelles sur nos activités, sur des liens correspondant à celles-ci, etc.

Twitter  permet de valoriser ses compétences et ses atouts,  d’accroître sa « e-reputation »,  d’exprimer publiquement en son nom ou anonymement son opinion.

L’usage où Twitter s’est illustré reste l’actualité « à chaud ». L’épisode Iranien a été le premier, et concomittent à un autre évènement la mort de Mickaël Jackson ». Si on prend des évènements plus récents dans notre ville (#Lyon), en suivant le hashtag #maniflyon on pouvait suivre quasiment en temps réel la progression des casseurs dans l’espace urbain. Des journalistes, et des photographes, geeks ou simples passants twittaient sur leurs smartphones, photos à l’appui la progression des casseurs dans les rues, l’action des CRS, etc . On avait ainsi une information quasi-instantanée que ne pouvait pas délivrer les médias plus traditionnels et professionnels : sites de presse papier comme Lyon capitale, médias en ligne, ou radio.

Le problème vient justement de l’instantanéité de l’information. L’absence de filtre entre l’émetteur de l’information et son récepteur peut conduire à des contresens dangereux ou stupides si l’information n’est pas « vérifiée », bref à un manque de recul et d’objectivité. On peut aussi s’interroger sur la pertinence d’obtenir une information à chaud. Notre société vit dans la surabondance de données. Avec Twitter, on ne sélectionne pas l’information, on la délivre abruptement, quitte à manquer de pertinence.

Par exemple, un étudiant en journaliste a posté sur Twitter une photo d’un véhicule de transport blindés de la gendarmerie passant cours Albert Thomas mardi alors que la manifestation était partie de son point de départ, c’est-à-dire cours place Ambroise Courtois. En légende, le photographe a écrit  » à Lyon on envoie l’armée maintenant ». La photo avec la légende a été reprise (retweetée) par de nombreux utilisateurs sans savoir si la légende fournie était ironique ou non. La « rumeur » a donc couru longtemps que l’armée était positionnée à Lyon !

La presse quotidienne est déjà malmenée par internet et une baisse constante des ventes. La presse hebdomadaire d’information comme Le Point ou l’Express s’en sort mieux. Bien sûr, la qualité éditoriale n’est pas pour rien dans les problèmes que connait la presse. Mais internet, qui a été vécu comme la poule aux oeufs d’or il y a une dizaine d’années n’est pas le vecteur prometteur de la diffusion de la presse au lecteur dans médiateur. Au contraire, les sites de quotidiens traditionnels doivent faire preuve d’imagination pour capter et conserver le lectorat et les abonnés par des contenus inédits et restreints à ces mêmes abonnés. L’arrivée de l’Ipad a été vue comme Internet à la fin des années 90 comme une planche de salut, mais rien n’indique que l’usage de liseuses ou de nouveaux formats technologiques comme cette table interactive se généralisera. On n’entend plus parler du Kindle d’Amazon parce que ses ventes ne sont pas aussi bonnes qu’escomptées.

Twitter est donc un nouveau type de « média », une sorte de terrain d’expérimentation pour le journalisme lui même et le pousse à se questionner sur ses fondamentaux, à savoir : le journaliste doit-il seulement véhiculer l’information, ou prendre un certain recul destiné à une analyse de l’information ?  Dans le premier cas, tout le monde peut alors s’improviser « journaliste » et relater les faits comme témoin de première main.

Je teste actuellement Twitter comme prolongement du blog. J’y trouve un intérêt moyen. Au niveau de l’audience, il suffit d’un hashtag populaire pour attirer rapidement les internautes sur un lien menant au blog, et donc générer du trafic.  Mais je trouve que je me répète dans mes « tweets »… J’ai l’impression de ne rien apporter de nouveau à ce que j’écris ici.

Je conclus pas un gazouillis : cui-cui.

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