Exposition « Pierre-Louis Cretey : un visionnaire »

Le 22 octobre, le Musée des Beaux-arts de Lyon inaugure une exposition sur le peintre Pierre-Louis Cretey. Après celles consacrées à Jacques Stella natif de la ville et Nicolas Poussin qui eut des liens étroits avec cette dernière, et avec Stella,… C’est au tour de Cretey d’être mis en lumière par le Musée.

On peut voir deux toiles de Cretey fraichement restaurées dans l’ancien Réfectoire, aux extremités de la salle, qui ornent le foisonnant programme iconographique conçu par le peintre Thomas Blanchet. Il y a aussi une toile dans la très discrète église Saint Augustin dans le 4e arrondissement de Lyon : « Saint Augustin et l’enfant à la coquille ».

L’exposition présentera une soixantaine de toiles et de dessins sur le peintre et son environnement.

Né vers 1644 à Lyon, Cretey part en 1660 se former à Rome, passage obligé à l’époque pour les jeunes peintres Français qui vont puiser inspiration et style . Il travaille pour le compte de plusieurs cardinaux amateurs de peinture  et revient dans sa ville natale vers 1680. Il intègre l’entourage du peintre officiel de la Ville, Blanchet, et peint des toiles aux sujets religieux pour divers couvents de la ville.

Comme Jacques Stella, Cretey ou Blanchet, ces peintres sont qualifiés de « mineurs » dans le style pictural du Grand siècle, où tout est écrasé par des peintres tels Poussin, Voüet, Le Brun, Champaigne, Jouvenet, Mignard, n’ayant pas exercé à Paris ou à Rome, mais à Lyon. Or, si Blanchet, avec Lucie Galactéros de Boissier, a été remis au goût du jour, combien de peintres méconnus à Bordeaux, Rouen ou ailleurs attendent leur historien et un dépoussiérage en règle ? L’activité artistique en France a été foisonnante, et Cretey bien qu’oublié, est un de ceux qui ouvra au prestige de la peinture française.

Il ne faudrait cependant pas survaloriser Cretey, dans la plaquette du Musée des Beaux-arts, on parle d’un « visionnaire », d’un style « original ». Pierre Rosenberg et Lucie Galactéros de Boissier parlent du « plus grand peintre lyonnais de son siècle » dans un article publié en 1988 dans la Revue de l’art.

Je suis impatient de voir cette exposition car elle entre indirectement sur mon travail de thèse où je m’interroge sur la « réception » de la peinture par les collectionneurs ou les commanditaires des tableaux, . Je pense en effet que l’esthétisme n’est pas encore un critère d’appréciation de la beauté d’une oeuvre d’art, ou plutôt il en découle puisque dans une conception platonicienne reprise par l’Eglise, le beau s’allie au bon. En conséquence, toute oeuvre d’inspiration religieuse ne peut être que belle… Je crois également que si on avait ces oeuvres accrochées chez soi ou dans une église c’est avant tout, pour des sujets religieux, pour édifier l’homme sur différents épisodes des Ecritures, mais aussi pour valoriser les vertus humaines. Je ne vais pas entrer dans les détails ni faire un exposé en 3 tomes. En tous cas, j’espère que le travail muséographique (mise en scène, contextualisation) permettra de mieux saisir ce point de vue.

 

Naturellement, je ferai un petit compte-rendu de ce que j’ai pu en tirer…

Exposition Pierre Louis Cretey : un visionnaire entre Lyon et Rome. Du 22 octobre 2010 au 22 janvier 2011, Musée des Beaux-arts de Lyon, 1er arrondissement, entrée rue Edouard Herriot, tarif normal : 9E.

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