Impressions florentines

Oui, j’ai été sévère en comparant Lyon a un désert artistique, par rapport à Florence ou Rome. Cette remarque n’est que le reflet de l’impression que me firent ces villes. Un simple tour à pied dans ses rues hier soir m’a permis de remettre les choses en place. Ma ville a du charme, et possède un beau patrimoine, même si le XIXe siècle a détruit certaines de ses plus beaux monuments… Lyon a toujours été une ville , soumise à un monarque lointain que ce soit l’Empereur, ou le roi. Elle n’a jamais été capitale comme le fut Rome, ou Florence. Mais après une élévation artistique et culturelle si haute, lorsque je suis arrivé hier à la Part-Dieu depuis l’aéroport, j’avais l’impression de régresser. Il y a une semaine  je longeais les épais murs à bossages des palazzi florentins. Aujourd’hui je me retrouve entre les barres de béton de la Part-Dieu et la sobriété des façades d’immeubles canuts. Néanmoins, ma ville a ses qualités et a vu naitre de bon artistes et d’honnêtes intellectuels. Tout n’est donc pas aussi « désertique » comme  le laissais entendre, mais mercredi j’écrivais avec le coeur plutôt qu’avec l’esprit : le matin j’étais encore à Rome.

Voici pêle-mêle quelques impressions et considérations sur la ville des Fleurs…

Cour du Palazzo Medici-Riccardi

L'entrée du Palazzo Vecchio

Florence a été un choc. Un tsunami. Un cataclysme. J’exagère à peine. Je ne me remettrai que difficilement des bords de l’Arno. Tant de monuments médiévaux démesurés, tant d’artistes, tant de bâtiments à visiter, et d’objets à admirer sous les différents éclairages de cette fameuse lumière toscane tant célébrée. Il m’est encore difficile (nous sommes dimanche soir et j’ai quitté Florence il y a 8 jours) de dire combien ce voyage à Florence, effectué pour des raison de thèse, et pour mon bon plaisir a été une sorte d’accomplissement, ou tout du moins une façon d’explorer mon goût, ma finesse et mes capacités à déchiffrer correctement ce que je voyais, et j’ai beaucoup vu. Je me vois encore, tout frémissant devant les portes du paradis, et puis devant ces tableaux du palazzo Pitti… Beaucoup m’a échappé, mais ai-je suffisamment de recul pour saisir dans la globalité la signification de la part d’informations visuelles et sensorielles glanées ? Il me semble que cela se décantera avec le temps…

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Les lettres glanées à la Biblioteca Nazionale viennent enrichir mon corpus de lettres d’une vingtaine de textes. Je n’ai pas trouvé d’autres pistes qui puissent me diriger, dans les bibliothèques florentines ou ailleurs en Italie, vers d’autres documents. Je crois, sauf surprise avoir trouvé le seul recueil d’importance en Italie. Une professeur de Paris m’a indiqué Forli en Romagne. Mais après un courriel envoyé, la conservatrice dit n’avoir rien trouvé…

Le fonctionnement de la biblioteca nazionale est différent de notre bibliothèque nationale en France. D’abord, parce qu’en Italie, il existe deux bibliothèques nationales : celle de Florence dite « centrale » et celle de Rome derrière la gare de Termini. Le bâtiment florentin est du XIXe siècle. Il est moins beau et moins imposant que notre site de Richelieu. Le personnel est professionnel et détendu. A Paris, il est anxieux, sauf peut-être dans les petits départements. La différence de fréquentation est notable. La biblioteca nazionale n’a pas une fréquentation très élevée. Le système de carte et de lecture est moins avancé qu’à Paris, mais, la consultation est gratuite. A Paris, il faut payer des droits d’entrée. Si le bâtiment est dans l’ensemble peu esthétique, l’intérieur est assez fonctionnel. Peu d’informatisation. En revanche en montant au département des manuscrits au premier étage, j’ai pu photographier le buste de la personne à qui étaient adressées les lettres que j’ai transcrites : Antonio Magliabechi : beau buste baroque du XVIIIe siècle. Magliabechi (1632-1715) était le bibliothécaire officieux du Grand-Duc de Toscane. Son mode de vie rebutait bien des gens. Son corps fut victime des abus de la bibliomanie et de son hygiène de vie peu bénéfique pour sa santé.

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Je suis stupéfait qu’on ai pu construire au Moyen-Age, alors que le reste de l’Europe croupissait dans la boue des monuments aussi hauts et aussi beaux à la gloire des libertés communales, et de Dieu. Le Palazzo Vecchio est un chef d’oeuvre de patriotisme local et de propagande politique. Le Dôme et le Baptistère, mais aussi Santa Maria Novella et Santa Croce, San Miniato sont des monuments édifiés à la gloire de Dieu par l’argent de riches marchands qui ont étendu leur emprise sur l’Europe entière.

Je suis resté plusieurs fois bouche bée : devant le dôme de Brunelleschi, devant le Palazzo vecchio et sa cour intérieure, devant la galleria adjacente où s’exposent de nombreuses statues romaines et renaissance, devant les fresques de Ghirlandaio dans le choeur de Santa Maria Novella et le crucifix de Brunelleschi dans la chapelle de gauche ; devant les toiles si célèbres du Palazzo Pitti, devant les portes d’or du Baptistère qui seraient celles du Paradis. Ces oeuvres sont mondialement connues. On a l’habitude de les voir en photographie, mais la reproduction n’égale pas la perception individuelle réalisée sur place. On ne peut pas comprendre totalement une oeuvre d’art si on ne la replace pas dans le contexte originel où elle était placée. Comme pour l’histoire, l’art nécessite un travail de recontextualisation… On apprécie aujourd’hui l’art pour des critères esthétiques, et créatifs (l’art contemporain), mais on oublie que derrière une peinture renaissance subsistent des codes, des symboles qui étaient à l’époque de sa création reconnus par tous. L’oeuvre d’art a donc aussi une valeur documentaire. Ghirlandaio nous renseigne sur la Florence du XVe siècle, entre représentations fidèles de l’ordre social florentin et utopies architecturales.

La chapelle de Benezzo Gozzoli au Palazzo Medici-Riccardi est à la fois une apologie de l’union des chrétiens lors du concile de Florence de 1439 à travers le prétexte d’une représentation de l’adoration des Mages, et une oeuvre de propagande politique puisqu’on y voit plusieurs membres de la famille des Médicis. Les fresques des plafonds des salles d’apparat du Palazzo Pitti manifestent aussi cette glorification des grands-ducs…

Florence est une cité exceptionnelle parce qu’elle représente pour notre Civilisation dans ce qu’elle propose comme modèle artistique et politique.

Politiquement, s’y sont élaborées comme dans d’autres villes d’Italie des formes originales d’institutions visant à s’émanciper de l’empereur ou du pape, selon leur emprise sur la Péninsule. Des républiques indépendantes se sont créées, bien que théoriquement vassales de l’Empire romain germanique ou du Saint Siège. Des ébauches de démocratie ont vu le jour, vite supplantées par les familles de négociants les plus en vue dans ces cités : les Visconti à Milan, les Médicis à Florence…  Si le pouvoir a été peu a peu accaparé par les Médicis, supplantant d’autres familles marchandes, la façon dont il a été pris, conforté et perennisé est elle aussi originale sous le déguisement d’institutions républicaines. Ce pouvoir et la façon de le garder, Machiavel le théorisa dans le Prince. Ces hommes de pouvoir, ces républiques,  cette famille Médicis richissime, les artistes l’ont représenté et glorifié par leurs oeuvres. Florence, menacée par Rome ou l’Allemagne, rivalisant avec Sienne, Pise ou Gênes devait non seulement se défendre face à la concurrence commerciale de ces villes, mais aussi leur prouver sa force et sa richesse, d’où une magnificence artistique.  Ces liens entre politique et arts est donc à plus d’un titre un véritable exemple de bénéfices réciproques : l’argent contre la création, un mécénat. On retrouve ce modèle dans la France louis quatorzienne. Le Roi Soleil n’avait pas seulement tenté de capter les artistes les plus doués du Royaume, il avait également attiré à lui les intellectuels et les savants pour mettre en scène son pouvoir et sa grandeur.

Artistiquement ensuite, parce que, ici, les peintres ou les sculpteurs dès le XIIIe et XIVe siècle, élaborèrent et tentèrent des « expériences » artistiques destinée à créer un nouvel art : celui de la Renaissance. La redécouverte de l’Antiquité dès XIVe siècle par les textes des auteurs antiques,  l’activité intellectuelle d’un Pic de la Mirandole, d’un Marsile Ficin, remettent au goût du jour la pensée et les canons esthétiques de l’Italie romaine, amenant à une imitation puis à une adaptation des arts antiques. Harmonie clarté, réalisme, sont recherchées. On rejette le hiératisme des formes médiévales pour privilégier le mouvement, on favorisme le justesse des proportions et des l’harmonie des courbes et des  formes plutôt que le reflet physique de l’âme… Le XVe siècle est cette époque charnière pour l’art, où la perspective est théorisée par Alberti, et mise en pratique par Masaccio et Della Francesca. On a peine à imaginer combien Florence (mais pas seulement elle en Italie) influença les arts par ses innovations… Puis Florence se vit en concurrencée  au XVIe siècle par Rome et Venise grâce à l’action de papes mécènes et énergiques (Léon X, Sixte Quint…) alors que la puissance  politique et commerciale florentine commençait à s’essouffler et la République des Lys passe sous l’emprise de l’Empire romain germanique. Les Médicis deviennent une famille ducale grâce à Charles Quint en 1527, mais Florence brilla encore jusqu’à la fin du siècle.

Le statut de l’artiste change avec la Renaissance. Il cesse de devenir artisan, au sein d’une guilde, pour devenir artiste et vivre de ses oeuvres indépendamment de ses pairs. Il vit de son art, signe ses oeuvres, et cesse de peindre des oeuvres purement religieuses. L’artiste devient savant, se « laïcise », se documente, peint des scènes mythologies, introduit ses innovations techniques, expérimente… C’est cela aussi la Renaissance : le monde n’est plus théocentrique mais anthropocentrique : l’homme devient mesure de toute chose, pour reprendre Protagoras.

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J’ai pu constater que l’art du blason, fut une obsession pour la plupart des riches familles florentines. Le blason des Médicis est connu, et archiprésent. On trouve le blason de partout : sur le pavement des églises pour honorer un généreux donateur, à l’angle d’un palazzo ou sur la paroi d’un couloir d’entrée, au sommet du porche… En France, la plupart des blasons ont été martelés avec la Révolution ou au XIXe siècle. En Italie, ils sont intacts. Ou presque. au pied de l’escalier de la Trinité des Monts à Rome, les boules en pierre des rampes sont marquées de la fleur de lys mais il en existait aussi avec l’aigle impérial napoléonien. Celles ci ont été martelées. Pourtant, Napoléon n’a pas laissé que de mauvais souvenirs en Italie… D’ailleurs, Lyon a eut son rôle dans cela puisque la République Cisalpine a été proclamée dans la chapelle de la Trinité en 1802 en présence du Consul Bonaparte.

Entrée d'un palazzo

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Santa Maria dei Fiore intérieur de la nef

Florence est la ville la plus touristique que j’ai visité. Lesdits touristes sont omniprésents et envahissent son centre. Tout cela est impressionnant. Des gelaterie à la boutique de la galerie des Offices, ils sont partout. Les Français et les Espagnols en cohortes, les Anglo-saxons un peu moins présents, de même que les Allemands. J’ai vu ou entendu des Grecs, des Chinois, des Japonais, des Portugais, des Hollandais… A tel point que je me demandais où rencontrer de véritables Florentins. La plupart d’ailleurs, ne respectaient pas tellement les lieux saints que sont les églises : un brouhaha continu, a marqué mes visites dans les grandes églises visitées. La seule où ce bruit de fond m’a été épargné fut San Miniato. L’obscurité de l’église joue peut-être pour quelque chose.  A Santa Maria dei Fiore on a trouvé une sorte de parade. Toutes les 10 minutes, un message surprend les visiteurs : « Chhhhhhhhhhhh  ! Silenzio ! Silence Please ! ». Et le silence se fit. Le brouhaha s’assagit deux ou trois minutes, puis reprend de plus belle.

En Italie, on ne badine pas non plus avec la tenue des visiteurs dans les édifices consacrés. Les tenues trop courtes sont interdites. A Florence, on distribue généralement des sortes de ponchos aux femmes trop dévêtues. On insiste surtout sur les épaules qui doivent êtres cachées, et le bas des robes ou jupes, jamais plus hautes que les genoux. Dans les églises, déambulaient donc des jeunes femmes affublées de ponchos bleu ciel. Cela m’a rappellé la tenue que l’Inquisition faisait porter aux hérétiques avant de les mener au bûcher… A Rome, à Saint Pierre, j’ai vu le service de sécurité refuser l’accès à la basilique à une jeune femme qui n’avait pas de quoi couvrir ses épaules. Embarrassée comme son petit ami, elle se trouvait coincée entre la fouille des affaires sous la colonnade du Bernin, et le petit pavillon de surveillance des tenues un peu plus loin. Toutes les églises n’ont cependant pas ce système vestimentaire. A L’Annunziata, il n’y a en pas bien que ce soit un lieu de dévotion pour les Florentins. Les femmes se couvrent d’elles mêmes lorsqu’elles ont compris qu’on pouvait leur interdire l’accès ou faire une remarque désobligeante.

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Je logeais dans une pension, chère au regard de la prestation, mais j’ai réservé tardivement. La pièce commune et une chambre donnent sur une cour intérieure et la cathédrale. Ma chambre donnait de l’autre coté, sur la rue. La Locanda se situe au dernier étage de l’immeuble, mais le bruit du bar du dessous se faisait entendre jusqu’à ma chambre. Comme je marchais toute la journée, je rentrai exténué et trempé de sueur. Après la douche, je tombais de sommeil et m’endormais, reveillé de temps à autre par les autres pensionnaires ou les bourrés d’en bas. La locanda se situe à 5 minutes de la gare et de Santa Maria Novella, et à 10 minutes de la cathédrale. Le centre-ville est tout proche. Florence est assez petite, elle n’a pas la taille d’une capitale, bien qu’elle le fut auparavant.

Un mot sur la gare, de l’époque fasciste, mais de belle facture excepté l’extérieur qui l’a fait ressembler à un bunker. Elle a peu changée depuis l’ère du Duce. On y trouve une belle verrière en verre opaque, des marbres noirs et blancs, du travertin et l’affichage des services de la gare est d’origine. Je loue au passage la ponctualité et le confort des trains à grande vitesse de Trenitalia. C’est un plaisir d’y prendre place.

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L’autre surprise vient de la dépense pour visiter les églises. Santa Maria Novella et San Lorenzo et la chapelle Médicis sont payantes. Je suis grommelant à l’idée de payer pour entrer dans une église, qui doit être par principe ouvert à tous. Mais les églises florentines sont d’une beauté et d’une richesse qui nécessitent un entretien constant et devant la beauté de ce qui est enfermé, la dépense m’a paru justifiée. Les dons des fidèles ne doivent pas suffire, à moins que ce ne soit les subsides du Ministère des biens culturels.

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Les palazzi florentins sont discrets. Parfois, rien ne laisse présager qu’il s’agit d’un palais à l’extérieur. Je ne parle pas des palais des grandes familles de la fin du Moyen Age comme les Strozzi, mais de ceux construits plus tardivement, au XVIe siècle ou au XVIIe siècle qui se fondent dans le commun des façades aux autres constructions. J’aime aussi la toiture des bâtiments florentins. Les toits sont peu élevés mais s’avancent largement sur la rue. Ces avant-toits sont au-dessous constitués de bois vernis qui confère une élégance. Cette spécificité toscane doit être pratique en cas d’intempérie, et permet de se garder des ardeurs du Soleil…

L’imposante façade du Palazzo Strozzi

Et puis quel plaisir de se promener entre de magnifiques bâtiments, des ruelles étroites héritées du Moyen Age propices. Des magnifiques allées des entrées palazzi signifiés par d’austères porches aux bossages. Trouver ça et là une surprise au détour d’une rue : une église, une statue ou bien le calme d’un rione… Comme en France, les commerces de proximité se font de plus en plus rares. Je connais pas la sociologie du centre de Florence, mais je parierais que son centre est habité par des gens aux revenus aisés. On trouve ça et là un barbier, un garage ou une petite trattoria sympathique. Mais le reste est constitué de boutiques attrape-nigauds, supermarchés assez chers, banques, restaurants-usines, vendeurs de babioles et colifichets à usage touristique, et enseignes de prêt-à-porter pour clientèle disposant d’un portefeuille fourni. On trouve cependant des librairies de qualité, et des restaurateurs d’antiquité. Le marché doit être porteur.

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Chaque soir, je montais au Belvédère Michelangiolo infesté de touristes, puis à  l’esplanade de l’église San Miniato, moins fréquentée et plus agréable.

San Miniato

J’y entrais et contemplais malgré l’obscurité ses peintures religieuses, le tombeau du cardinal du Portugal et le choeur des moines, en fine colonnettes de marbre de blanc du XIe siècle. Un soir, j’ai pu entendre les moines chanter le « Benedicite » assez dépareillé puisqu’ils n’étaient pas assez nombreux, à peine une dizaine. Les bénédictins tiennent une boutique sur l’esplanade devant l’église. Ils en ont l’usufruit, mais l’église appartient à l’Etat. J’ai glané une information en entendant un moine accueillir un de leurs hôtes au monastère. De San Miniato, la vue est sublime sur le centre de la ville, mais le panorama est bien plus étendu du belvédère Michangiolo puisqu’on aperçoit les Alpes apuanes au loin à l’Ouest. Au Sud, la vue est barrée par les sublimes collines toscanes où grandissent cyprès et oliviers. De jolies villas derrière de hauts murs s’y cachent. Cela me rappelle notre Ouest lyonnais et les Monts d’Or…. Au Nord, outre la ville, les crêtes des montagnes et Fiesole, nichée entre deux cimes en altitude. A L’Est, des montagnes également où se faufile l’Arno (et le Pendolino).  On saisit mieux la hauteur des édifices, Le dôme de Brunelleschi est aussi haut que le campanile du Palazzo Vecchio. Mais il ne faudrait pas oublier les hauteurs honorables du campanile de la cathédrale, de la Badiana, de Santa Croce et de Santa Maria Novella…

Une vue sur Florence

J’ai pu assister à de grandioses couchers de soleil, lorsque les rayons du soleil, malgré les nuages éclairaient tel ou tel coin de campagne aux pins parasols, tel ou tel monument. Quelle douce lumière qui donnait des teintes ocrées au Duomo !  La lumière donnait à l’Arno une couleur argentée, et mettait en valeur l’enfilade des ponts de la ville.

Florence, les ponts

Au loin, un pont à haubans, dont on apercevait le sommet des piles se laissait deviner… Et je contemplais longuement Florence au soleil couchant. J’écrivais quelques impressions sur mon carnet,  dessinais un ou deux croquis…

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Florence est une sorte de paradis pour l’amateur d’art et l’historien. Pour le croyant, il est un prélude au paradis. J’en prends pour preuve ce chef d’oeuvre universel qu’est le Baptistère, ou plutôt ses portes de bronze et d’or que l’on doit à Pisano et Ghiberti. La porte Sud est l’oeuvre d’Andrea Pisano qui relate la vie de Saint Jean. La porte Nord est celle de Lorenzo Ghiberti et retrace la vie de Jésus. La porte Est est la porte dorée, due à Ghiberti, et prend pour thèmes des grands passages vétero-testamentaires. Cette porte fait face au porche de Santa Maria dei Fiori. Pour Michel-Ange, c’est la « porte du Paradis ». Il a raison. Quel travail a été réalisé sur ces portes, quelle finesse des traits ! Les reliefs sont impressionnants. J’ai été impressionné par ces sculptures bibliques. Je venais souvent les contempler le matin avant d’aller à la Bibliothèque et l’afflux de touristes, et le soir avant de rentrer à l’hôtel. Deux soirées de suite, j’ai pu voir les portes entrouvertes et apercevoir l’intérieur du baptistère, avec, sur la voûte, une figure du Christ en majesté digne des meilleurs mosaïques byzantines. Quelle vision, entre les portes entre baillées !

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J’imagine l’effet que devait produire ces splendeurs sur le visiteur d’Europe du Nord ou de France au XVIe siècle : ces églises, ces palais, la sculpture du David devant le Palazzo Vecchio. On peut comprendre la Renaissance par l’intellect et par la raison, mais on ne peut pas la ressentir si on ne se rend pas sur les lieux effectifs où elle s’est élaborée. Et encore, ne la comprend-t-on que partiellement si on n’a pas le bagage culturel approprié. J’ai compris cela en voyant Florence. La remarque s’applique aussi aux oeuvres d’art. Dans un musée ou une collection, on en saisit pleinement l’esthétisme et la beauté, mais connait-on le contexte et le but de sa création ? Où devait-elle loger ? Que devait-elle susciter chez l’observateur ?

J’arrête ici, je pourrais en écrire davantage, mais le billet  se fait long… ìl y aurait encore beaucoup à écrire sur ce que j’ai pu voir et ressentir. Je mettrai des photos en ligne sur mes photobooks (flickr, blogspot, ipernity).

Vue depuis le Lungarno,

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Une réflexion sur “Impressions florentines

  1. Quelques réactions en vrac à ton billet:
    – moi aussi, lorsque je logeais à Florence, je descendais dans un petit hôtel du même quartier. Pas forcément le plus calme mais bien placé.
    – à l’époque, Florence me semblait une ville envahie par les anglais (ou anglo-saxons) principalement.
    – des splendeurs oui, des chefs-d’œuvre, et pourtant Florence est la seule ville d’Italie que je n’aime pas. Je lui préfère de très loin Rome. La capitale toscane m’a toujours paru étouffante, tant par sa situation que par l’architecture un peu lourde de ses palais. Et puis, j’y suis presque toujours tombé malade à chacun de mes séjours (angines, insolations, etc.). Quelques endroits trouvent pourtant grâce à mes yeux: le belvédère, San Miniato et le Lungarno. Mais j’ai conscience, en écrivant cela, d’être parfaitement partial.

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