Paris et la Bibliothèque nationale

J’ai passé une bonne partie de la semaine dernière dans la Capitale. J’ai pu changer d’air, qui n’était pas trop pollué grâce à un vent du nord bienvenu, mais il faisait beau temps.

Je n’ai pas chômé : J’ai pu éprouver une fois encore l’efficacité des services de la Bibliothèque nationale des sites Richelieu et Arsenal.
Je logeai dans un petit hôtel à l’angle des rue Lafayette et Faubourg Poissonière, mais la chambre, quoique modeste et peu chère, ne me laissait pas l’autonomie que j’aurais pu avoir si j’avais pris l’hôtel F1 de la porte de Saint-Ouen, qui d’ailleurs a augmenté ses prix de 3 euro en 9 mois, tout cela pour obtenir une télé à écran plat et des murs repeints ! Je dors peu à Paris, je suis toujours excité par le fait d’être dans la capitale et dans une ville d’envergure mondiale. Paris est plus qu’une capitale, elle est un continent littéraire et artistique, intellectuel.

J’ai fait un peu de tourisme qui s’est réduit, comme d’habitude à visiter de grandes églises car leur taille est toujours démesurée par rapport à nos églises lyonnaises, et comme toujours à Paris, j’ai marché, énormément marché.

Mais le gros de mon séjour a consisté à fouiner dans les papiers du XVIIe siècle du site Richelieu. Le mois dernier j’ai fait un article sur les menaces qui pesaient sur l’escalier du site, et sur le musée du cabinet des médailles. O****** qui a eu la bonté de m’accueillir le dernier soir m’a mis sous les yeux deux articles du Journal des arts traitant de ce problème épineux pour le ministère de la culture que constitue l’escalier : il est inscrit sur la liste des monuments historiques, et ses rampes en fer forgé XIXe siècle contiennent des remplois du XVIIIe siècle. Le musée du cabinet des médailles semble poser moins de problèmes malgré une forte levée de boucliers, et pas qu’antiques.

J’ai pris quelques photos dudit escalier au sommet duquel se trouve le musée.

Le fameux escalier...

Les rampes ont des remplois du XVIIIe siècle.

Les deux premières journées furent peu fructueuses pour moi au département des manuscrits occidentaux : ils se bornèrent à la correction de mes transcriptions d’après les originaux ou les microfilms des originaux. Comme certains documents ne pouvaient être transmis à cause du déménagement en vue des travaux, je n’ai pas pu avoir accès le dernier jour à des manuscrits inédits pour moi.

En revanche, j’ai trouvé sur le joli petit site de l’Arsenal près de Bastille un livre du début du XVIIe siècle sur les monnaies antiques siciliennes par Filippo Paruta rédigé à la main et recopié puis amplifié par mon cher sujet de thèse. Le tout dans un Italien classique impeccable.

L'escalier de l'Arsenal

Le troisième jour fut un jour faste. Je franchis les grilles du sommet de l’escalier du site Richelieu, je traversai le musée menacé et j’arrivai dans le saint des saints du monde numismatique français : le cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, héritier et garant des collections royales ou particulières de médailles et antiques de l’Ancien Régime et au-delà du Moyen Age (Philippe Auguste), et surtout du règne de Louis le Grand. Plusieurs salles composent le cabinet des médailles. La première est la salle de Luynes joliment lambrissée aux couleurs vert pistache.
La seconde est la très boisée salle Barthélémy où loge une partie des collections, des usuels, et les places de consultation.
La dernière salle est le salon Louis XV, la plus belle qui abrite les réserves. Au fond de la salle est accroché une magnifique toile de Louis XV en costume de sacre, de Hyacinthe Rigaud. Il s’agit d’une copie puisque l’original est au Salon de Mercure à Versailles.

Le Salon Louis XV, fastes et colifichets

Je fus très bien accueilli par le personnel du Cabinet des Médailles. Le conservateur du département, M. Amandry le pape de la numismatique française, me prêta son exemplaire personnel du catalogue des manuscrits du département. J’en ai profité pour lui expliquer l’objet de mes recherches. Le personnel a mis du temps a trouver les côtes que je cherchais, j’en suis un peu coupable : j’ai mal copié leur numéro que j’ai piqué sur internet sur un inventaire rédigé…par l’actuel conservateur des archives des armées à Vincennes. Mais l’essentiel est que j’ai pu avoir mes lettres et que j’ai pu les transcrire dans la journée. J’ai discuté avec le conservateur chargé des pièces archéologiques du département qui m’a recommandé d’écrire à la bibliothèque de l’Institut de France et aux marchands d’autographes et de manuscrits de Paris. Au terme de cette journée, je suis sorti exalté, et je me suis surtout senti toute cette journée comme un poisson dans l’eau.

Dans l’ensemble, le personnel de l’Arsenal et du Cabinet des médailles s’est montré très diligent et très sympathique avec moi, un peu moins aux manuscrits occidentaux où les usagers sont parfois très, voire trop exigeants. Cela dit, je les ai trouvé eux aussi assez sympathiques pendant mes journées chez eux, car sauf vendredi il n’y avait pas foule.

Le reste du séjour se passa, comme je l’ai écrit plus haut, en de très longues promenades. J’ai quand même eu la hardiesse de pousser la porte d’un marchand d’autographes au Palais Royal, qui me répondit poliment qu’il était davantage héraldiste que vendeur de manuscrits, alors que sa vitrine affiche des documents signés Henri IV, Richelieu ou Napoléon, et qu’un portrait d’un duc de Savoie y trône depuis au moins trois ans !
J’ai visité quelques librairies de la Rive Gauche : Gibert, inévitable, Honoré Champion, à côté de l’Odéon, et la librairie Vrin place de la Sorbonne.

J’ai pu revoir mon ex colocataire qui est toujours à l’école du Louvre, mais qui éprouve des difficultés dans sa reconversion dans le monde des arts : à terme, elle devrait préparer les concours de la conservation. Nous avons dîné ensemble rue Sainte-Anne près de l’avenue de l’Opéra dans un excellent restaurant japonais pas cher du tout et aux mets délicieux. Ce n’est pas un restaurant à sushi comme c’est la mode actuellement, mode d’ailleurs peu écologique et économique. J’ai dormi chez elle dans une localité de la Petite-Couronne très proprette et très calme. Nous avons beaucoup parlé une bonne partie de la nuit et je l’ai trouvé moins agressive que lorsque nous habitions ensemble et qu’elle préparait son agrégation. Enfin, à quelques heures de mon retour pour Lyon, nous avons bu un verre dans un petit bar près de Bastille. J’ai pris le train un peu ivre, et à mon retour à la maison, Michel, Marina et ses amies buvaient du rhum. J’ai pu donc boire à nouveau quoique déja éméché.

Je suis parti de Paris à reculons et j’y ai passé de bons moments ce qui n’a pas toujours été le cas. J’ai encore beaucoup de choses à y voir tant pour la thèse que pour mon épanouissement personnel. Mon prochain séjour sera peut-être pour le mois de mai. Je pourrais voir si la chanson de Charles Aznavour s’applique pleinement à la Capitale !

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