Elections : la théorie de Jérémie

Bon, on ne va pas en faire un plat, la Gauche a emporté les élections régionales, et notre belle région Rhône Alpes n’a pas fait exception. Avouons que Françoise Grossetête paraissait très fade, et poussiéreuse. Elle avait même opté pour séduire la bourgeoise lyonnaise du traditionnel brushing, et d’une couleur blonde. Si on va se promener un samedi après-midi Cours Vitton, ce genre de femmes est très fréquent. Sur le plan des idées, elle avait un programme très coutumier de la Droite locale, avec une pointe d’écologie cependant.
Finalement, c’est l’alliance des partis de gauche qui l’a emporté avec Queyranne et l’ami des enseignants : Philippe Meirieu.

Pour la région les résultats sont donc les suivants :

– le taux d’abstention reste très important : 50,48 % des inscrits.
– la Gauche alliée l’emporte avec 50,76 % des voix (soit 25% des inscrits)
– la liste UMP réalise 34,02 %
– la liste FN est troisième avec 15,23 %.

Pour Lyon, l’abstention est plus importante : 52, 01% :

-la Gauche fait 54,09 %
-l’UMP, réalise 35,57 %
-le FN, ne réunit que 10,37 % des suffrages, tant mieux.
On a donc plus voté Queyranne, moins FN, et l’UMP est au-dessus de la moyenne régionale, et est même en tête dans le 6e et le 2e avec respectivement 53,44 % et 48,36 % des suffrages. Dans le 1er, la Gauche crève le plafond avec plus de 70% des voix.

Pour les commentaires, on se reportera à autrui où à mes notes sur le premier tour.

Lorsque j’étais à la fac, un de mes collègues, Jérémie avait fait un mémoire de DEA sur le lien entre les OVNIS et les apparitions mariales, montrant que le taux d’apparition d’OVNIS remplaçait peu à peu les apparitions de la Vierge dans des manifestations inexpliquées. On donne un sens différent à ce que l’on perçoit avec le temps. Changement de paradigme dans une société désenchantée. Mais Jérémie avait aussi fait un autre mémoire sur les élections présidentielles vues à travers la presse locale. Nous avons renoué contact après quelques années de silence. Au mois de janvier, entre des choux à la crème et une tasse de thé, Jérémie donnait son analyse pertinente des votes sur les élections présidentielles.
La théorie ne semble pas valable pour les élections à liste, mais pour les scrutins uninominaux ça a l’air de marcher, en tout cas pour les présidentielles ça fonctionne.

Si Le Pen et les petits partis d’extrême gauche ont fait d’excellents scores aux présidentielles de 2002, c’est que Droite et Gauche ont vu beaucoup de leurs thèmes se superposer, en matière économique surtout, le tout renforcé par la cohabitation. Chirac était garant du gaullisme donc d’une droite assez sociale, Jospin était plutôt social-démocrate sans se l’avouer à lui même. On avait donc des grands partis à l’allemande les équivalents du SPD et de la CDU/CSU.

A l’inverse, les partis politiques d’extrême gauche ou d’extrême droite, ont réalisé des scores faibles lors des élections présidentielles de 2007, c’est que les discours politiques de gauche ou de droite se sont radicalisés, en recentrant le PS ou l’UMP sur des thèmes propres à leurs bords politiques : sécurité et immigration, économie et travail pour la Droite par exemple. Les discours musclés de Sarkozy n’y sont pas étrangers et ont musclés les discours de chaque parti.

On aurait donc un vote renforcé vers les extrêmes quand les discours politiques sont trop centristes, et inversement, un basculement vers le centre lors de discours trop radicaux. La théorie de la balance, du rééquilibrage. Avec un peu d’observation et de mémoire, ça colle.

Cependant il existe des limites :

-Depuis 1981, deux élections présidentielles, celles de 1988 et de 2002 voient le président sortant se représenter et gagner, la nature même de l’élection est invalidée : il s’agit davantage d’un plébiscite celui du président sortant qui se représente.
-la théorie est sujette aux aléas de l’actualité en général, et à la situation économique du pays surtout.

Le Centre est donc une variable d’ajustement opportune. Sous la Ve République il l’a toujours été. Reste le cas du MoDem. Très en verve en 2007 comme alternative à la gauche et à la droite, il n’aurait pas eu d’audience en 2002. Aujourd’hui, son discours ne passe plus auprès des électeurs. La crise économique et le bilan des réformes de Sarkozy depuis 2007 ont poussé les électeurs à affirmer leur vote en conformité avec leurs opinions politiques, ou, on l’a vu en ce mois de mars, à s’abstenir pour ne cautionner ni la droite ni la gauche. Le MoDem n’a donc pas été une alternative crédible sur le long terme. Le vote sanction a profité au FN, pour les électeurs de droite, et à Europe Ecologie pour les électeurs de gauche.

Les élections présidentielles de 2012 révèlent l’incertitude et la théorie de Jérémie risque de ne plus coller : tout dépendra de Sarkozy : va-t-il amollir sa politique pour glaner des électeurs au centre, ou au contraire la renforcer vers plus des thèmes sécuritaires chers à la droite libérale pour récolter les électeurs du FN ?

A suivre…

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