Hier soir, nonchalamment allongé sur le canapé du séjour, je surfai les yeux mi-clos sur dailymotion, lorsque je suis tombé sur le film de Fellini. 8 1/2. Un choc, une révélation, des superlatifs qui ne viennent pas au bout des doigts. Un film continent, un film monde !

Pas de résumé, il faut voir ce film, mais quelques remarques.

Ce n’est pas un film néo-réaliste que Fellini a tourné ou a scénarisé. Ca ni la tristesse de La Strada, ni la débauche du Satiricon, le sujet est une comédie, fine comme une bulle de San Pellegrino, mais aux thèmes beaucoup plus proches du Limoncello que de l’eau minérale : ça a du goût.

Je me retrouve souvent dans le personnage de Guido incarné par Marcello Mastroianni, suave et séducteur. Celui qui refuse de dire non aux femmes et qui se retrouve ensuite dans des positions plus qu’embarrassantes entre sa femme Luisa, incarnée par une Anouk Aimée superbe, et Carla, l’amante provinciale tape-à l’oeil, sans compter les autres : sa mère, la Saraghina, la soeur de Louisa, les actrices françaises, Claudia Cardinale…  Marcello a lui aussi collectionné les femmes. Il ne s’est pourtant marié qu’une fois, et son mariage a tenu. Malgré Catherine Deneuve.

Guido et les femmes. Un marivaudage et un vaudeville à la fois. J’aime la douce voix de Marcello-Guido. J’aime ses hésitations, ses tâtonnements, sa tentative de réconciliation de toutes dans un rêve de harem, puis sa repentance plus ou moins ratée pour récupérer sa femme, qu’il aime,  comme Carla, comme la mamma, comme la Saraghina… comme toutes les femmes !

J’aime aussi la façon dont l’intrigue sait jouer des fantasmes de Guido et de la réalité de ce regista convalescent et en manque d’inspiration, embriquant la seconde dans les premiers, jusqu’à ne plus distinguer ce qui est le réel du rêve,  jusqu’à l’inversement des dimensions et de notre perception… Un cardinal qui aime le chant des oiseaux, et qui, comme éthéré semble n’avoir été qu’un songe d’une réalité passée qui disparaît dans la moiteur des vapeurs du sauna.

J’aime la mise en scène de Fellini, brillante, pétillante, généreuse, jouant sur les profondeurs de champ, les qualités des personnages, leurs traits moraux ou physiques, élégantes ou grotesques, des visages, des yeux…

Et puis la musique de Nino Rota est aussi merveilleuse et donne une personnalité plus affirmée au film. Il y a le fameux thème du film, et puis il y a la danse de la Saraghina.

J’aime le monde que Fellini dépeint, il y met de son histoire personnelle : le manque d’inspiration et les angoisses qui en découle, ses souvenirs d’enfance, les femmes de sa vie.  Il y met ses fantasmes, ses obsessions. Une réflexion sur la création et sur l’imagination y est aussi présente.  On a sans doute beaucoup écrit sur 8 1/2, car la richesse de ce film est incroyable, et je pense m’acheter le DVD pour le visionner à nouveau sur un plus grand écran, car je n’ai vraisemblablement pas tout vu, ni tout saisi. Et je le regarderai une seconde fois avec plaisir.

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