Combles du 28

J’ai trop peu de temps à consacrer à ce blog pour écrire de façon régulière ce qui me passe par la tête. Mon agenda est trop chargé, entre le travail, la rédaction de l’article, et les discussions interminables mais plaisantes avec des amis qui ne sont pas tous partis en vacances, loin de là. Et puis je suis bien chez moi. Je n’éprouve pas le besoin de trop sortir, les plaisirs casaniers emportent ma préférence en ce moment, avant le retour d’une vie sociale plus active en septembre.

L’avantage de vivre avec son alter ego intellectuel et meilleur ami en collocation, c’est l’émulation qui en résulte… Michel m’apprend a être plus exigeant dans l’usage des connaissances, à stimuler ma mémoire pour ne rien perdre de notre formation d’historien. Par exemple, j’ai beaucoup perdu dans l’histoire du jansénisme, et dans celle du gallicanisme. Je me suis mis à réviser mes classiques. Un point de départ banal, l »e gallicanisme politique au XVIIIe siècle existe-t-il ? » nous a conduit à extrapoler puis à vérifier nos dires par le biais de dictionnaires de référence, nous entraînant dans de longues lectures de notice. Avec Michel, je découvre aussi le plaisir de la lecture à haute voix. Ecouter quelqu’un lire est stimulant, les pensées se trouvent comme concentrées vers une réflexion profonde. Nous avons lu alternativement quelques extraits de La recherche de la vérité de Malebranche, trouvés dans des bouquins de philo du lycée, et ainsi nous nous sommes penché sur l’occasionalisme de ce fameux prêtre oratorien du XVIIe siècle.
Pour ma part, j’incline à l’étude de la philosophie gassendienne, dans le cadre de ma thèse afin de vérifier une intuition, mais je ne trouve pas d’écrits de ce philosophe catholique qu’est Pierre Gassendi, rival de Descartes. J’aimerais trouver un bon ouvrage généraliste sur sa pensée, mais je n’en trouve pas de récent. C’est à croire que Gassendi est mal aimé (Onfray) voire oublié. Pourtant, sa philosophie influença Molière, Bernier, et pas mal de gens de lettres au Grand siècle.

En attendant, lors de quelques moments de détente l’écoute du Miserere à neuf voix de Gregorio Allegri me ravit l’ouïe autant que l’esprit.

voici les paroles et leur traduction.

Miserere mei, Deus: secundum magnam misericordiam tuam.
Et secundum multitudinem miserationum tuarum, dēlē iniquitatem meam.
Amplius lavā me ab iniquitate mea: et peccato meo mundā me.
Quoniam iniquitatem meam ego cognōscō: et peccatum meum contra me est semper.
Tibi soli peccāvī, et malum coram te fēcī: ut justificeris in sermonibus tuis, et vincās cum judicaris.
Ecce enim in inquitatibus conceptus sum: et in peccatis concepit me mater mea.
Ecce enim veritatem dilexisti: incerta et occulta sapientiae tuae manifestasti mihi.
Asperges me, Domine, hyssopo, et mundābor: lavābis me, et super nivem dēalbābor.
Auditui meo dabis gaudium et laetitiam: et exsultabunt ossa humiliata.
Averte faciem tuam a peccatis meis: et omnes iniquitates meas dele.
Cor mundum crea in me, Deus: et spiritum rectum innova in visceribus meis.
Ne projicias me a facie tua: et spiritum sanctum tuum ne auferas a me.
Redde mihi laetitiam salutaris tui: et spiritu principali confirma me.
Docebo iniquos vias tuas: et impii ad te convertentur.
Libera me de sanguinibus, Deus, Deus salutis meae: et exsultabit lingua mea justitiam tuam.
Domine, labia mea aperies: et os meum annuntiabit laudem tuam.
Quoniam si voluisses sacrificium, dedissem utique: holocaustis non delectaberis.
Sacrificium Deo spiritus contribulatus: cor contritum, et humiliatum, Deus, non despicies.
Benigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion: ut aedificentur muri Jerusalem.
Tunc acceptabis sacrificium justitiae, oblationes, et holocausta: tunc imponent super altare tuum vitulos.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans Ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre Toi, et Toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Ainsi, Tu peux parler et montrer Ta justice, être juge et montrer Ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais Tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, Tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Fais que j’entende les chants et la fête : ils danseront, les os que Tu broyais.
Détourne Ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.
Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de Ta face, ne me reprends pas Ton Esprit Saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera Ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera Ta louange.
Si j’offre un sacrifice, Tu n’en veux pas, Tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.
Alors Tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur Ton autel.

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