L’Union des Eglises

J’ai appris et suivi par la presse et par de nombreux blogs la venue à Lyon du Patriarche oecuménique Bartholomée Ier, primat de l’Eglise orthodoxe de Constantinople, enfin d’Istanbul désormais. Turquisons nous. Sa primauté est avant tout symbolique, primus inter pares de tous les patriarches orthodoxes du monde. Point d’autocéphalie pour Bartholomée son autorité s’étend de la Hongrie au Kamtchatka, de la mer Blanche à la mer Rouge…Il est l’héritier de Saint André, et l’un des 5 grands patriarches de la première Chrétienté, celle d’avant le Schisme de 1054, où le Pape n’était qu’évêque de Rome et rivalisait avec son collègue byzantin tant sur des questions de rite, que sur des questions de dogme. Mais Sa Toute Sainteté est un patriarche ouvert sur l’extérieur, plus que l’un de ses rivaux, le défunt patriarche de Moscou Cyrille II, mais s’inscrit dans une continuité avec son prédecesseur au Phanar Demetrios Ier.

Sa visite intervient dans le cadre de la 13e assemblée de la Conférence des Eglises Européennes, ou KEK-CEE . L’Eglise catholique n’est pas membre de la CEE, car elle est l’émanation du Conseil oécuménique des Eglises, réunissant les Eglises protestantes, anglicanes et orthodoxes. L’Eglise catholique n’y a envoyé que des observateurs, qui participent à quelques travaux de la COE et de la CEE. Le Patriarche a à cette occasion lancé un appel à l’adhésion de l’Eglise catholique à la COE.
Cependant, l’attitude de l’Eglise catholique est loin d’être hostile. Une célébration oéeuménique a eu lieu en l’église Saint Bonaventure, et le diocèse de Lyon s’est investi dans le dialogue avec les autres églises. Tout cela a du rendre fou de rage les curés soutanés de Saint Georges, qui font tache dans la tradition catholique de la ville… Et c’est tant mieux.
La visite de Bartholomée 1er dépasse cependant le cadre strict de la CEE puisque Lyon est un haut lieu du catholicisme, et du christianisme en France. C’est d’ailleurs légitimer davantage cette place privilégiée dans la longue histoire du christianisme.

Voir un Patriarche de Constantinople à Lyon est une évènement historique pour une ville qui accueillit en 1274 un concile oecuménique (celui de Lyon II) qui voyait un temps l’union des Eglises catholique et orthodoxe en une seule pour des motifs pas très angéliques : il fallait défendre Byzance des Turcs et défendre aussi l’Empereur mal assuré sur son trône…
Les évêques de Lyon sont certes Primat des Gaules, titre longtemps contesté par l’archevêque de Rouen, mais pendant quelques siècles L’Eglise de Lyon a vécu une relative autonomie vis à vis de Rome. Le prestige et la gloire des martyrs dont disait-on, le sang coulait à flots. sur les pentes de la Croix-Rousse jusque dans la Saône a rejailli sur son Eglise. Gloire donc à Blandine, à Pothin, à Macaire et aux autres premiers chrétiens, à Irénée, Père de l’Eglise, fêté par ailleurs par les Orthodoxes le 23 août ; à Sidoine Apollinaire… Amen. Il n’est donc pas étonnant de voir l déployée sur le sable de l’ampithéâtre des Trois Gaules, où la tradition fait périr Blandine et bon nombre de Chrétiens en 177.
Certains éléments du rite lyonnais prennent même une teinte orientale, comme l’encensement à chaîne longue. Mais ce n’est que point de détail.

Détail ! Détail ! Certes. Mais pendant un temps, Lyon a montré qu’une union des Eglises, à défaut de se vivre dans la pratique, peut se faire dans les coeurs et l’esprit de tolérance.

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