Géographie des sens #1 , Costa Verde, Sardaigne

Le temps maussade et froid de décembre invite au voyage…
J’entame une série sur les lieux que j’ai apprécié depuis tout jeune pour leur beauté. Il ne faudra pas s’étonner de voir beaucoup de noms en rapport avec la mer Méditerranée, que j’appelle avec affection la « mère-patrie », puisqu’elle a joué et continue à jouer dans ma famille un rôle important.

Le premier lieu, en rapport avec mes souvenirs est la Costa Verde en Sardaigne, dont j’ai pu admirer la beauté en avril 1995. J’étais au crépuscule de mes 14 ans. Ma famille et moi faisions partie d’une association sportivede mon établissement catho salésien appellée « les Golden Boys », fondée par Théo Coufort, (que je salue) professeur de sport qui bourlingua pas mal dans les établissements salésiens ( le fameux Don Giovanni Bosco) du Sud Est de la France, lui même étant frère de spiritualité salésienne. Grâce aux Golden, on a vu du pays, et ça faisait du bien. Pourtant, je n’étais pas très course à pied, on m’a un peu forcé la main pour me mettre à la course, et j’y allais en trainant des pieds, mais il fallait faire plaisir à papa et maman, à papa surtout qui s’est mis à la course à pied en 1994 et qui commençait à bien courir…
Mon père à l’époque courait beaucoup, et encore « beaucoup » est une litote. Il commença par des 10 km, puis des semi marathon puis des marathons, puis la Saintélyon (64 km), la course des Templiers sur le plateau du Larzac (65 km caillouteux) ; enfin,ce qui devait être son exploit personnel : il s’est essayé aux 100 km de Millau mais là, une tendinite le fit renoncer au 67e km….. Il a arrêté quelques années, mais a repris ses courses depuis presque un an désormais. Sans nous. Après tout, la course à pied est le sport le plus démocratique du monde. Il suffit de courir.

Revenons à la Costa Verde. Sur la magnifique île de Sardaigne, sorte de Corse en taille XXL, mais beaucoup moins revendicative. En 1995, avec quelques collègues collégiens et Théo, on a fait une bonne partie du tour de l’île à la course à pied. On courait en moyenne 6 km par jour avec des relais de 3 km chacun soit un le matin et un l’après-midi. Nous vîmes splendeurs et merveilles dans le printemps sarde : la grotte de Neptune à l’extrême Ouest de l’île, au Capo di Caccia, allusion à l’Odyssée où Neptune est supposé avoir son domicile ; les nuraghe, tours de pierre du néolithique, sur toutes les éminences de la côte, l’arrière pays sauvage, les veuves en noires sur leurs ânes, dignes et silencieuses. Nous passions des villages abandonnés, qui me frappèrent, nous franchissions des cols noyés dans les nuages, à tel point que je me demande si je n’ai pas rêvé ces moments.
L’un particulièrement. Nous arrivâmes au sommet d’un col dans une forêt de pins (que je suppose laricio), au sommet, des chevaux blancs entre deux nappes de brouillards gambadaient entre les pins dans des enclos ceints de fils barbelés, à la même vitesse que notre van… Nous faisions notre lessive dans les rivières où nous saluaient des bergers avec leurs troupeaux caprins, nous traversions des villages en courant, où les vieux nous encouragaient, nous dormions dans des enclos à chèvres (propres) au milieu de vallées boisées et désertes, ou à coté d’églises médiévales, nous courions sur des routes en corniche le long de la mer au sud…

Pour accéder à la costa verde, il faut avoir de bons amortisseurs et une voitue robuste. La côte est au Sud Ouest de l’île, à l’ouest de la ville de Guspini. De cette ville, on doit traverser un massid montagneux pour y accéder. On grimpe donc par un col asphalté… Ensuite, il ne faut pas se perdre puisque l’on prend une route non goudronnée qui suit une vallée menant à la côte. Dns cette vallée, des mines plus ou moins abandonnées ont laissé des vestiges, un patrimoine industriel, la route est bosselée, pleine de nids de poule. En Eté, c’est le seul accès à la plage, donc très fréquenté. Au printemps, cette route n’est pas encore très fréquentée. On arrive ensuite à la plage proprement dite. On ne voit pas la mer tout de suite. Et pour cause, du fond de la vallée il y a environ 2 km de sable avant d’atteindre le rivage, Quelques dunes puis l’immense étendue de sable, un peu comme la plage de l’Espiguette près de Port-Camargue. La rivière sortant de la vallée s’y fraie un chemin jusqu’à la mer. Nous arrivâmes sur le littoral. Le soleil allait se coucher. Il y avait du vent d’Ouest, le ciel n’était pas franc. Plein Ouest : la mer et ses vagues… A l’Est, la montagne et le maquis venaient mourir dans le sable froid… Personne. Vers le Nord, la plage semblait infinie. Vers le Sud, une arête rocheuse barrait la plage, mais elle semblait loin.

Je me souviens encore que j’éprouvai une sensation de bien-être, de liberté et de sérénité mêlées. Ca faisait du bien de sortir de la morosité et de la cruauté collégienne pour se retrouver sur une île en pleine mer, léchée par les vagues, dans un endroit où la nature s’exprimait pleinement.

J’ai conservé des phots que je n’ai pas numérisé. J’ai donc mis une photo de cette plage trouvée sur internet.

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Une réflexion sur “Géographie des sens #1 , Costa Verde, Sardaigne

  1. Tu m’évoques de beaux souvenirs d’un voyage en Sardaigne avec Pierre. Merci. Peut-être en ferai-je un billet un de ces soirs.

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