La bande à Baader / Der Baader Meinhof Komplex

Mardi soir, petite séance ciné en compagnie de Mademoiselle Je et de son boyfriend allemand, au Comoedia, avenue Berthelot.
Nous sommes allé voir La bande à Baader, en allemand Der Baader Meinhof Komplex. Un bon film sur une page noire de l’histoire Ouest-allemande. En quelques mots, il s’agit tout simplement de décrire l’histoire sanglante d’Andreas Baader et de ses complices de la naissance de la RAF (Rote Armee Fraktion / Fraction Armée Rouge) au suicide (ou à l’assassinat c’est selon) des membres historiques du groupe en prison en 1977.

Je ne connaissais pas à quel degré était allé la RAF dans ses actions. J’ignorais aussi que ce mouvement avait connu plusieurs générations jusqu’à son autodissolution en 1998 !

Evidemment, le film fait plutot docu, on ne s’attarde pas trop sur la psychologie où un point particulier des rapports entre membres, si ce n’est peut-être Ulrike Meinhof, la « plume » du groupe jouée par Martina Gedeck, LA nouvelle star du cinema allemand depuis La vie des autres. La volonté du réalisateur de dérouler le film comme une chronique dessert la profondeur des personnages. S’y mêle une réflexion intéressante sur terrorisme mais anachronique dans la bouche des personnages.
Cela dit, les acteurs, pour la plupart connus à en France comme Moritz Bleibtreu, ou Bruno Ganz jouent bien. Les reconstitutions des 70’s sont bien foutues, la scène d’émeute du début du film est efficace, et bien dirigée…

D’un point de vue historique, la bande à Baader est le premier groupe européen d’Extrême-gauche à glisser dans la violence terroriste. En Italie, les Brigades rouges se sont inspirées de la RAF, jusqu’à un point tel que certains spécialistes ont parlé de micro guerre civile : 15 000 actions revendiquées, dont l’assassinat d’Aldo Moro, . En France, Action directe eut des contacts avec la RAF (comme les Brigades rouges) mais son nombre de victimes est nettement moins important que ses équivalents européens : une dizaine.

Les motivations de ces groupes sont éminemment politiques et varie selon les pays. Pour la RAF, cela a débuté par la contestation de la guerre du Vietnam et la présence américaine en RFA, puis a glissé longuement vers la lutte armée contre un Etat perçu comme policier et oppressif. Touts ont priviligié la lutte armée plus efficace que la théorisation idéologique et le débat… Une radicalisation du discours politique les mena à entreprendre ces actions au nom d’une idéologie qu’on a du mal à définir : d’extrême-gauche certes mais trotskiste, anarchiste ?

Je n’éprouve aucune sympathie pour le terrorisme. Faut-il être plus compatissant pourdes beaufs cagoulés faisant exploser des bonbonnes en Corse ou plus dur contre ceux qui brûlent des hôtels à Bombay ? Comprendre ? Mais quoi ? Le terrorisme, c’est l’arme de ceux qui n’ont plus rien pour se faire entendre. Lorsqu’on « crie pour faire taire ce qui crie » en nous, et que personne n’écoute, faut-il employer la manière forte, la violence ? Lorsqu’on vous oppresse faut-il tendre la joue pour se faire battre ou se rebiffer ? La RFA n’était pas un Etat oppresseur, il ne l’a jamais été, mais il était le centre d’un conflit opposant deux blocs, deux superpuissances, deux façons de penser et voir le monde. Le film questionne et nous questionne sur la violence que nous avons en nous, mais aussi sur les moyens à employer lorsque nos libertés sont menacées..

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