Romeo & Juliette par Prokofiev et Preljocaj

Quelle belle soirée !

Ma chère colocataire a beau être une peste, nous nous retrouvons sur quelques critères spécifiques liés à l’art sous toutes ses formes.

Ce soir, nous n’avions rien à faire. Nous avons donc décidé d’aller voir le ballet Romeo & Juliette chorégraphié par Angelin Preljocaj (excusez l’orthographe) sur la musique grandiose de Prokofiev. Nous avons payé nos places 5 euro, et nous avons regardé tout cela debout depuis le 3e balcon, mais nous étions mieux placé debout que si nous avions payé 30 euro une place assise au 2e balcon ! Et quel spectacle !
En matière de danse, je suis un novice. Quelques fois tard le soir, je regardais Arte qui en diffuse toutes les semaines. J’ai apprécié avec le regard du débutant mais l’oreille du mélomane averti un moment de beauté et de grâce. Un continent s’ouvre à moi, celui de la danse ! La création de Prejlocaj n’est pas nouvelle, elle date même un peu. Ce soir, on jouait à Paris sa dernière création « Blanche neige », qui a été montré à la Biennale de la danse à Lyon au mois de septembre.

Mais ce soir, il s’agissait de passion, de violence et de mort, la mort de Romeo est bouleversante d’intensité, tout comme celle de Mercutio, la précédant. J’ai éprouvé le frisson du plaisir devant les corps enlacés, sur la puissance des notes de Prokofiev. Les costumes comme le décor ont été dessiné par Enki Bilal. De la pointure pour du ballet classique, et l’ensemble procura u n bonheur personnel, assuremment.
Un petit bemol (c’est le cas de le dire !) : le thème principal de l’oeuvre de Prokofiev aurait gagné, a être plus animal dans sa chorégraphie, a être mieux exploité. : passion, violence, mort, ce qui fait le sel de cette tragédie shakespearienne, et si magnifiquement présent dans ce passage musical, qu’il est abscon de l’avoir si peu utiliser ! Mais en tant que néophyte, je n’ai pas trop à me plaindre, puisque tant Prejlocaj que l’orchestre et le ballet furent excellents, selon O******, le ballet se dandinait un peu trop mollement par moment. Je n’ai pas remarqué : j’étais totalement absorbé par la pas, la musique, la signification de chaque geste, de chaque silence, de chaque coup simulé…

Auparavant, nous avons mangé américain, non pour fêter la victoire d’Obama, mais parce qu’un bagels c’est vachement bon, et les donuts aussi et c’est rapide à préparer et donc à être servi. La boutique où nous étions est très sympa, ils vendent des produits ricains introuvables chez nous et en plus ils servent des bagels avec le sourire. Je ne me rappelle plus le nom de la boutique, mais elle est située place Rebatel, dans le 1er arrondissement.
Après la représentation, nous avons savouré une bière au Baryton et assisté à un buff de jazz très réussi, ce qui a ajouté à la réussite de cette soirée. Nous étions bien sur les banquettes de ce bar, à écouter des reprises de Stan Getz et de Ray Charles.

Des soirées comme celles-ci j’en redemande, elles me réconcilient avec le quotidien. Nous, humains, sommes capables de nous transcender, de tendre volontairement vers le beau, de créer et partager du sublime, du bon, du beau. Et dire que les derniers jours j’en doutais !

Publicités

5 réflexions sur “Romeo & Juliette par Prokofiev et Preljocaj

  1. 5 euros? Comment as-tu fait? En t’adressant à la dernière minute à l’opéra? Ça m’intéresse bigrement, moi qui suis « fan » de Prokofiev et assez amateur de danse. Éclaire ma lanterne, s’il te plaît!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s