Sirocco

Le vent du sud souffle, les rafales font voler les feuilles, et c’est la grêve… Ma BU fermait trop tôt pour que j’y aille. En tout cas, il y a mobilisation. Une manifestation unitaire partait de la place Jean Macé ce matin : fonction publique, transports, étudiants,
L’Université aujourd’hui élisait ses conseils d’UFR (facultés), au taux de participation traditionnellement très faible. J’ai voté mais apparemment, je devais être un des seuls ce matin à l’avoir fait.
J’ai signé une pétition de chercheurs contre la loi Pecresse. Je ne sais pas si cela portera ses fruits, il y a 6000 signataires mais la pétition est en ligne depuis le mois de juillet ! Un papier de Libé signalait que la soirée de samedi soir fut assez mouvementée sur le site des quais de Lyon 2…

J’ai même fait une bonne action ce matin. En revenant des quais du Rhône, je passais par la place Bellecour. Les gendarmes version Robocop attendaient très détendus la venue d’un éventuel cortèges de mécontents. A proximité du veilleur de pierre, je vois un visage révulsé d’une femme se tourner vers moi puis tomber par terre. Une crise d’épilepsie. Son mari était paniqué. Quelques passants dont moi-même proposèrent nos services. J’ai appelé les pompiers qui ont tout de même mis 15 minutes à venir, et en se trompant de localisation puisqu’il a fallu que je cours sur toute la place pour signaler à l’ambulance le lieu exact alors que je l’avais donné avec précision à mon interlocuteur. C’est là que j’ai pu constater qu’un brevet de secouriste pourrait servir. En attendant l’ambulance, un monsieur avec un aplomb formidable s’est occupé d’elle. J’ai couru jusqu’à une boutique voisine pour demander une cuillère, car l’épileptique a tendance à se mordre la langue jusqu’au sang voire jusqu’à se la couper. Cette femme s’est effectivement coupée la langue avant que ce monsieur lui introduise ladite cuillère… Elle saignait et son sang se mêlait à l’écume… Lorsque l’ambulance arriva, nous nous éloignâmes, la crise était passée mais il fallait que cette dame passe un bilan médical.

Son visage révulsé m’a marqué. J’y ai pensé longtemps après, j’y pense toujours. J’ai du m’arrêter un moment après cet incident, à souffler, récupérer, et évacuer. Je sentais le vent sur mon visage… Il y a des moments comme cela où on sent quand même de l’entraide entre gens, une certaine forme de solidarité et d’empathie. Non ,mieux que tout cela, ce qui le résume : de l’humanité… De nombreuses personnes, de tout age et de toute condition nous ont proposé leurs services pendant que nous attendions les pompiers. En fait, je crois que cet évènement me fait oublier mon côté légèrement misanthrope. Je peste tout le temps sur l’ignorance des gens, leur betise, leur panurgisme, leur culte des apparences… Mais on ne leur enlèvera jamais leur humanité, à moins d’une lobotomie façon 1984…. Et qui suis-je, moi pour juger à l’emporte pièce ? Je me juge moi-même toujours durement, mais sur ce point j’avoue mon manque de modestie et d’humilité, et, il faut bien l’avouer, bien que cela ne soit pas significatif sur ce blog, un certain orgueil intellectuel.
Alors je m’exhorte ce soir à un peu d’humilité, encore un peu plus. Il faut garder les pieds sur terre, coûte que coûte, se dégager de toute vanité. On ne découvre vraiment les gens que quand on gratte le vernis.

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