Les amours d’Astrée et de Céladon

Le dernier film d’Eric Rohmer est une merveille. Je l’ai vu mercredi au CNP, et je dois avouer que j’en suis sorti enchanté. Les méchantes critiques sur le film sont peu justifiées pour une personne telle que moi qui aime le raffinement des mots, le chatoiement des couleurs, et l’amour qui triomphe.
Rohmer a adapté au cinema l’oeuvre d’Honoré d’Urfé, L’Astrée, écrite au XVIIe siècle. Un pavé, un monument d’un gentilhomme campagnard. C’est une histoire pastorale amoureuse ; l’intrigue se passe dans une Gaule de cocagne au Ve siècle, celle dans la plaine du Forez. Cette localisation n’est pas anodine, la plaine du Forez, et plus particulièrement la rive droite de la Loire est le berceau de la famille d’Urfé. Il subsiste entre Feurs et Boën un magnifique chateau, dominant la plaine, que l’on peut qualifier de prototype des châteaux de la Loire. C’est la Bastie d’Urfé. En l’honneur de l’ouvre d’Honoré, le pays environnant est nommé Le pays d’Astrée.

L’histoire d’amour est anodine mais Rohmer ne tombe pas dans la mièvrerie. Tout est tant dans le roman que dans le film, retenue et grâce. Erotisme voilé, travestissement des pensées et des corps et jeu sur les illusions… On se croirait fans une toile de Poussin…
Quelques mots sur l’intrigue. Astrée aime Céladon et Céladon aime Astrée. Lors d’une fête champêtre, Astrée aperçoit au loin Céladon embrassant une jouvencelle. Tiraillée, elle doute de l’amour de son aimé. Quelques temps plus tard, Céladon, se rend près de son aimée mais celle-ci lui commande de ne plus la revoir à moins qu’elle ne le désire. Chagriné à l’extrême, Céladon se jette dans la rivière du Lignon. Astrée le croit mort… Mais Céladon échappe de la noyade. Il est récupéré en aval par trois nymphes, qui le soignent et l’hébergent dans un palais superbe. Remis sur pied, Céladon n’a qu’un désir, revoir son aimée. Mais Astrée, elle, le croit mort…

***

Mon Astrée, elle ne donne pas signe de vie. Je ne sais pas si elle veut toujours de moi. Elle se sent perdue en ce moment, croyant que l’isolement est une guérison. Je m’inquiète au fond de moi, ses sentiments envers moi s’estompent, je ne sais pas si notre relation durera longtemps. Je suis pourtant là pour l’épauler, mais je ne reçois pas un coup de fil. Il vaut mieux laisser le temps au temps… Mais je ne suis pas un objet de consommation qu’on utilise à loisir. On ne badine pas avec les sentiments. Il faudra prendre une décision un jour ou l’autre. Je ne doute pas de mes sentiments pour elle, mais la réciproque n’est pas vraie.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s